À la croisée entre les forums de trading sur Reddit et une application comme Robinhood, eToro ou Trade Republic, le français Shares réussi une Série A de 35,8 millions d’euros auprès de célèbres investisseurs américains, dont Peter Thiel. Le cofondateur de PayPal et de Palantir, qui est déjà entré au capital de deux néobanques (N26 et Qonto) et d’une application de trading (Bitpanda), permet à Shares de porter ses ambitions au niveau mondial seulement cinq mois après son amorçage.
Rejoignant le tour de table, Shares voit donc arriver Valar Ventures avec Peter Thiel, mais aussi Global Founders Capital (créé par les fondateurs de Rocket Internet) et l’Européen Singular, un VC basé à Paris et qui a déjà investi pour la startup OpenClassrooms. Malgré le repli sur les principales places de marché depuis le second semestre 2021, l’attrait pour les applications de trading en Bourse ne semble pas baisser dans le monde du capital-risque.
Plateforme régulée (CySEC)
Interfaces intuitives et simples
Idéal débutant (compte démo)
Actifs : cryptos, actions, etc.
9.6 /10
Les investissements en cryptomonnaies sont risqués et peuvent ne pas convenir aux investisseurs particuliers ; vous pourriez perdre la totalité de votre investissement.
Une app de trading à la sauce Reddit
Il faut savoir que Shares ne sera pas accessible tout de suite en France. Son cofondateur, Benjamin Chemla, a préféré capitaliser sur l’Angleterre – les démarches pour exercer dans l’Union européenne prévoyant une arrivée cet été. Le produit n’est pas vierge pour autant : déjà 60 000 utilisateurs ont pu découvrir la plateforme et commencer à investir sur des actions – dont 2000 titres sur les marchés américains. L’objectif est de pousser le nombre d’utilisateurs à 150 000 avant fin 2022.
Pour se distinguer des autres acteurs, Benjamin Chemla a imaginé l’intégration d’une dimension sociale à l’application. Pour faire simple, au lieu d’aller décortiquer les forums Reddit, s’envoyer des messages entre amis via Facebook, WhatsApp ou Discord, les utilisateurs pourront rester sur l’application et se partager des messages et des photos. En parallèle, le coût des opérations en Bourse est proche de zéro.
Les groupes, jusqu’à 20 personnes, sont prévus pour être constitués de personnes de notre entourage, d’où leur capacité limitée. Shares préfère ne pas nommer de plateformes comme Reddit, où les forums sont ouverts à un nombre bien plus large de personnes, mais l’idée de créer des communautés de petit nombre, de groupes d’amis qui s’intéressent à la Bourse et qui pourraient se motiver chacun pour saisir de nouvelles opportunités d’achat à leur yeux semble plaire à la startup.
L’année 2021 nous a bien montré, avec la communauté WallStreetBets, que les groupes de discussion sur la Bourse et l’investissement pouvaient avoir un poids considérable et un effet boule de neige. WallStreetBets n’allait pas sans Reddit et sa mise en avant médiatique avait fait une grosse promotion pour la plateforme. Shares veut rebondir sur cette opportunité, avec un modèle social inspiré des communautés Reddit et du format Discord.
Un défi éducatif
La recette est bien pensée. Shares base son modèle d’acquisition sur celui-ci, et sa rémunération sur un volume important de transactions des utilisateurs, qui paieront une commission de conversion des devises de 0,4% notamment. La fintech française pourra certainement tester d’autres façons de se rémunérer comme avec la mise en place d’avantages pour les utilisateurs sur les groupes de discussion.
Il pourrait s’agir d’un abonnement payant, par exemple, pour que les utilisateurs puissent créer davantage de groupes de discussion. Difficile de savoir à ce jour si les informations partagées dans les groupes pourraient s’avérer avoir une valeur marchande aux yeux de Shares.
Les arnaques, les abus de confiance, les faux conseils, seront tout un tas de sujets sur lesquels Shares devra faire attention en surveillant sa communauté. Investir en Bourse comporte des risques et en hébergeant les communautés, la plateforme pourrait très vite être portée responsable en cas de problème. À Paris, Londres et Cracovie, des bureaux ont été ouverts et la startup travaille déjà sur des contenus à vocation éducative pour former les investisseurs les plus novices – sa cible numéro 1.
Dans un entretien avec Maddyness, le fondateur de Shares a dit qu’il se donnait “trois ans pour devenir un acteur véritablement mondial.”
Votre capital est assujetti à un risque.
Vous voulez vous éduquer avant de vous lancer ? Dans ce cas, prenez le temps de consulter notre guide pour apprendre à trader.
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