Si vous souhaitez acheter une action en soirée ou le week-end, vous pouvez aujourd’hui vous rendre sur une plateforme de trading et passer un ordre d’achat. Il s’agit en revanche d’une transaction différée, car Wall Street est fermé et il faut attendre sa réouverture.
Ce scénario appartiendra peut-être bientôt au passé, suite au projet de la Bourse de New York (NYSE) qui développe actuellement une plateforme basée sur la technologie blockchain. L’idée est révolutionnaire pour le secteur : permettre des achats et des ventes 24h/24 et sept jours sur sept.
Concrètement NYSE va combiner son système existant à la blockchain pour permettre aux particuliers de négocier des titres tokénisés et des ETF en temps réel. Cela dit, le projet n’est pas encore déployé, puisqu’il faudra au préalable obtenir l’accord des autorités réglementaires, sans doute d’ici la fin de l’année.
Cité par Bloomberg, Michael Blaugrund, vice-président des initiatives stratégiques chez Intercontinental Exchange Inc, propriétaire du NYSE, commente ainsi : « Cette plateforme offre une meilleure accessibilité aux investisseurs et créera de nouvelles opportunités pour les particuliers de participer aux marchés financés par les stablecoins qui ont suscité leur intérêt. »
Le Nasdaq prend le même chemin
Pour bien comprendre la différence, les investisseurs en Bourse disposent aujourd’hui de comptes titres, de PEA, de PER ou d’autres produits financiers traditionnels qui leur permettent de détenir des produits cotés. En recourant à la blockchain, les clients seront propriétaires d’un représentation numérique d’un titre qui pourra être négocié sur ce réseau décentralisé, également contrôlé par le NYSE.
L’intérêt de cette technologie est qu’elle devrait permettre d’investir en temps réel et à tout moment comme nous l’avons vu plus haut. Ses partisans mentionnent aussi l’extension de la propriété fractionnée des produits, autrement dit la possibilité de posséder le pourcentage d’une action et non sa totalité. De quoi élargir les marchés à des acteurs qui ont des moyens limités.
Si l’idée d’une Bourse ouverte en continu séduit, elle comporte aussi des risques. Une activité sans interruption pourrait accentuer la volatilité et encourager la spéculation à court terme, soulignent les observateurs critiques. De même, cette évolution soulève des interrogations sur la protection des petits investisseurs et la capacité des régulateurs à encadrer efficacement un marché désormais ouvert en continu.
Signalons pour finir que le Nasdaq, le principal concurrent du NYSE aux États-Unis, a déjà décidé de faire de même. En septembre dernier, la société a fait une demande aux autorités réglementaires qui devraient se prononcer à ce sujet prochainement.
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