Le protocole Aave assure l’une des plus importantes places de marché pour les prêts et dépôts en crypto-monnaies. Et ce depuis 2017. Sur la finance décentralisée (DeFi), sa plateforme s’est positionnée en au rang de référence. Cette popularité a payé aux yeux des régulateurs européens le 1er septembre. La société derrière Aave vient d’obtenir une licence d’établissement de monnaie électronique aux yeux de l’Union européenne.
La nouvelle suggère donc que Aave pourra créer un véritable pont entre la DeFi et les utilisateurs grand public, soucieux d’utiliser leurs actifs numériques pour toucher des intérêts, ou pour contracter des prêts sans passer par une banque. Avec l’accord de l’UE, Aave va pouvoir construire une application mobile, par exemple, avec laquelle les utilisateurs pourront facilement lier leur carte et profiter d’une expérience simple et fluide pour accéder à la DeFi sans problème.
La DeFi n’est plus ce domaine sombre des crypto-monnaies et de la Blockchain. Face à des acteurs comme Coinbase, qui ont rapidement voulu capitaliser sur un modèle bien plus proche de celui des banques que des plateformes décentralisées, c’est une excellente nouvelle. Dans son fonctionnement, Aave utilise un jeton de gouvernance et cette gouvernance du protocole assure l’intégrité du modèle sur celui d’un projet DeFi pur et dur.
D’ailleurs, le protocole Aave pour des prêts en crypto-monnaies se base sur la blockchain Ethereum mais également Avalanche, Fantom, Harmony, Polygon, Optimism et Arbitrum. Les pools, pour déposer ses jetons, sont nombreux et variés et les utilisateurs peuvent profiter de taux intéressants, notamment s’ils utilisent des jetons AAVE.
Un projet de stablecoin qui fait peur
La banque de la DeFi connaît une forte popularité depuis qu’elle a lancé un nouveau service de prêts flash. Grâce à son protocole, elle propose maintenant de contracter un crédit rapidement et sans garantie. Il se distingue du prêt classique, sur lequel Aave possède une politique très stricte pour garantir de la sécurité des remboursements et du bon fonctionnement. Mais au moins, avec ces prêts flash, il devient très simple d’emprunter des fonds. L’idéal pour encourager les autres projets DeFi à se financer aussi.
Dans les cartons, Aave réfléchit aussi à un stablecoin pour le coup très controversé. Avec son système algorithmique pour déterminer en temps réel et de façon automatique les taux d’intérêts des prêts, et la façon dont les fonds sont distribués, Aave veut profiter de ses compétences pour lancer son propre stablecoin algorithmique. Le 1er août 2022, les détenteurs de jetons AAVE ont voté pour l’élaboration du projet, dont le jeton prendrait le nom de GHO.
Les stablecoin ont un usage très important dans la cryptographie tant ils permettent – en théorie – de se protéger de la volatilité. Ils permettent de payer de la même manière qu’une crypto-monnaie traditionnelle et peuvent sécuriser des fonds le temps d’une période de forte volatilité ou de morosité des marchés, comme c’est le cas actuellement. Sauf que… un stablecoin algorithmique implique bien plus de danger qu’un stablecoin adossé à une réserve en monnaie fiduciaire.
L’horreur du dérèglement et de l’effondrement du cours du TerraUSD (UST), en mai dernier, a grandement sali l’image et la confiance dans ce genre de protocole. L’Europe est déjà en position défensive face aux stablecoins (qui concurrencent les monnaies fiduciaires et qui peuvent s’avérer à risques), ce pourquoi un tel projet pourrait faire grincer des temps les instances européennes. Affaire à suivre.
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