Au chapitre des craintes liées aux véhicules électriques, l’autonomie figurait pendant longtemps au rang de préoccupation majeure. Mais les progrès technologiques ont aujourd’hui permis de surpasser cette problématique puisque de plus en plus de modèles atteignent aisément les 700 km d’autonomie. Un exploit rendu possible par l’amélioration de l’efficience des véhicules combinée à l’augmentation de la taille des batteries.
Cependant, qui dit accumulateur plus volumineux dit aussi durée de charge en nette hausse. Si les plateformes 800V permettent tout de même de limiter la casse avec des batteries de 100 kWh, elles ne suffisent toujours pas à rivaliser avec les temps de ravitaillement des véhicules thermiques. Avec son prototype expérimental ELF armé de la tête aux pieds, Mercedes travaille activement sur le sujet.
Un port de charge MCS autorisant une puissance de charge dépassant 1 000 kW
Ne vous fiez pas à ses airs de fourgonnette customisée, l’ELF se présente comme un véritable laboratoire technologique ouvrant la voie aux futurs modèles électriques de la marque. Equipé du bien connu port de charge combo CCS, le véhicule est capable de recharger jusqu’à 900 kW selon Mercedes. De quoi recouvrir 100 kWh en seulement 10 minutes, soit près de 500 km d’autonomie, à condition de trouver la borne adéquate.
L’auto inclut en bonus un système de charge inédit dans le monde automobile. Nommée MCS et étrennée par le camion eActros 600, cette architecture autorise des puissances de charge ultra élevées dépassant cette fois les 1 000 kW. Mais ici, le but n’est plus de gagner toujours plus de kilomètres le plus rapidement possible. L’intérêt est ailleurs : vérifier la résilience thermique de la batterie ainsi que son usure dans le temps face à ces recharges musclées répétées.

Une voiture rapportant de l’argent grâce à la charge bidirectionnelle
L’autre axe de progrès réside dans la charge V2L, permettant au véhicule de réinjecter de l’électricité dans le réseau. Rien de nouveau sur ce point-là puisque de nombreux modèles permettent déjà de partager leurs kilowattheures. Ce qui est en revanche inédit est la création d’un écosystème permettant aux clients de cumuler des crédits d’énergie. Ceux-ci inciteront à redistribuer le jus, ce qui contribuera à stabiliser le réseau aux heures de pointe. Les clients gagneraient en échange des points bonus donnant droit à des recharges offertes.
Au-delà de ça, l’ELF intègre également un toit couvert de panneaux photovoltaïques. Composé de cellules en silicium, ce toit permettrait d’ajouter une poignée d’électrons supplémentaires dans la batterie. Mercedes estime un gain d’autonomie allant jusqu’à 30 km dans des conditions d’ensoleillement favorables. Suffisant pour compenser les pertes d’énergie lorsque la voiture est stationnée sans être branchée pour une durée prolongée.
Recharge par induction et autonome aussi au programme chez Mercedes
Côté infrastructure de recharge, Mercedes teste en parallèle la charge par induction. L’ELF va simplement se positionner sur une plaque reliée à une borne de recharge afin de gratter quelques kilowattheures. Inauguré en série sur le Porsche Cayenne, ce système sans contact utilisant un champ électromagnétique permet d’atteindre une puissance de charge de 11 kW. La marque planche aussi sur la recharge autonome composée d’un bras robotisé qui se branchera automatiquement au véhicule.
Rappelons que toutes ces nouveautés font déjà leur chemin sur les modèles de série puisque le prototype AMG GT XX revendique une puissance de charge rapide en courant continu DC tutoyant les 850 kW. Mieux encore, la voiture a chatouillé les 1 041 kW sur le circuit italien de Nardò, où le record du monde de distance a en outre été battu pour un véhicule électrique. Ces innovations pourraient arriver en série dès la fin de la décennie.

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