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Accusé de travaux falsifiés, le directeur de Stanford démissionne

Un simple étudiant de 18 ans vient de renverser l’ordre établi à Stanford. Il a accusé le directeur de l’Université de travaux falsifiés.

  • Cet étudiant a remis en question les travaux du directeur, les qualifiant de “truqués”
  • Une commission externe a statué sur de “nombreuses erreurs” mais pas de “falsification”
  • Selon l’étudiant cette commission serait en conflit d’intérêt avec le directeur de l’Université

Théo Baker n’avait sûrement pas imaginé que cette affaire irait aussi loin. Rédacteur en chef du journal de l’Université de Stanford cet étudiant a publié ces derniers mois plusieurs articles à l’encontre du directeur de la faculté, le professeur Marc Tessier-Lavigne.

Ce neurobiologiste reconnu est notamment à l’origine de plusieurs avancées majeures dans les années 2000 sur la détection de la maladie d’Alzheimer. Mais une de ses études, publiée en 2009, revient aujourd’hui sur le devant de la scène. Théo Baker explique que certaines données au sein de ce programme de recherche ont été falsifiées ou annulées consciemment, truquant ainsi les résultats.

Des accusations très graves, qui ont été prises au sérieux dès la publication de l’article en février. Depuis, une commission d’enquête externe a été dépêchée et elle vient de livrer ses conclusions. Dans leur rapport d’une centaine de pages, les scientifiques indépendants remettent en question la rigueur de leur confrère.

Une démission de façade ?

Selon eux les publications présentent « de nombreux problèmes ». Ils assurent d’ailleurs que ces recherches « n’étaient pas à la hauteur de normes habituelles de rigueur et de processus scientifiques ». Le rapport nuance tout de même son verdict. En ce qui concerne l’étude de 2009 sur la maladie d’Alzheimer, le plus grand fait d’armes de Marc Tessier-Lavigne, elle conclut que les accusations sont « erronées » sans entrer plus dans les détails.

Un verdict en demi-teinte que n’aura pas attendu Marc Tessier-Lavigne. Le directeur de l’Université a annoncé, le 19 juillet, quelques heures avant la publication de ce compte-rendu qu’il allait quitter son poste. La transition devrait se faire en douceur au cours de l’été.

L’éminent chercheur, qui était à la direction de l’Université depuis 2016, devrait néanmoins conserver sa chaire en tant que professeur-chercheur en biologie à Stanford. C’est Richard Saller, l’actuel professeur des études européennes qui devrait prendre sa place à la rentrée.

Une commission contestable ?

Alors que l’affaire semble terminée pour tout le monde, Théo Baker n’en reste pas là. Dans un récent article, il qualifie le compte-rendu de la commission d’enquête de « gentil » avec l’ex-directeur de l’Université. Il met également en avant les liens étroits qui unissent les scientifiques membres de ce groupe et le professeur Marc Tessier-Lavigne.

Comme il l’explique dans son article, l’un des directeurs de la commission d’enquête est également actionnaire à hauteur de 18 millions de dollars dans une des entreprises de Marc Tessier-Lavigne, un conflit d’intérêts flagrant qui ne peut que remettre en question l’impartialité de la commission.

Théo Baker regrette notamment que les sources qu’il utilise abondamment dans ses articles n’aient pas pu s’exprimer au cours de l’enquête, par peur de représailles. Marc Tessier-Lavigne n’a de son côté pas pris la parole publiquement sur le sujet.

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