D’un côté, il y a le Porsche couvé par Volkswagen, avec le même patron. De l’autre, il y a le Porsche indépendant, qui s’est lancé solitaire en Bourse. Deux facettes d’un même constructeur qui sait qu’à travers l’impulsion de ses très bons résultats ainsi que sa recherche et développement, une place lui est réservée dans l’avenir de l’automobile.
Pour cela, il lui faudra encore offrir tous ce dont les clients souhaitent. Et en premier lieu, une proposition numérique de pointe. Porsche a pris la décision de prendre ses distances de Volkswagen et laisser de côté Cariad, le logiciel que le groupe a mis au point pour l’interface homme-machine de ses voitures et leurs écrans d’info-divertissement.
Partir pour mieux revenir, dans les bras de ceux qui s’y connaissent le mieux : Porsche ne développera pas son propre logiciel, mais demandera plutôt l’aide des Big tech. Google, Apple, mais aussi Baidu, Tencent et Alibaba en Chine… les négociations sont en cours. Une première annonce pourrait avoir lieux prochainement avec Google, a dit lundi 16 janvier l’agence Reuters. Les négociations auront duré longtemps, et particulièrement pour une histoire d’accès aux données des utilisateurs.
Se vendre aux géants du web ?
Porsche finira par rejoindre Volvo, Ford, Renault et Nissan, qui ont déjà signé des contrats d’entente avec le géant du web. D’autres marques sont allées voir la concurrence, c’est le cas de Honda avec Sony et de Stellantis, le groupe de constructeurs né de la fusion de PSA Groupe et de FCA Groupe, avec Amazon. Chez BMW, le message est clair rappelle L’Usine Digitale : “il est important pour l’entreprise de garder la main sur l’interface client”, déclarait un porte-parole.
Au sein du groupe Volkswagen, tout semble encore en réflexion sur la question. Laisser ou non les géants du web proposer leurs logiciels à bord de ses voitures ? Ou continuer à investir dans Cariad, une plateforme qui demande énormément d’argent et de temps. Le futur Volkswagen 2.0, qui doit permettre de doter d’une interface la future voiture autonome, n’est pas prévu avant 2028. Il doit pourtant faire de la société allemande le “leader de la mobilité pilotée par logiciel”.
Dans une interview avec Nikolai Ardey, le directeur de l’innovation chez Volkswagen, Presse-citron s’était attardé sur la question du logiciel. Fin septembre 2022 à Chantilly, nous avions demandé si Volkswagen réfléchissait à déléguer son interface aux géants du web et la réponse fut négative… mais tout de même très floue.
“Malgré cette nouvelle logique, nous aimerions garder la main sur l’ensemble de la chaîne de valeurs”, déclarait-il, avant d’ajouter que “vous avez besoin d’être flexible et de proposer à chacun la meilleure solution. De ce point de vue, il nous faut quelque chose pour pouvoir proposer à la fois des solutions pour les écosystèmes iOS et Android. Mais nous garderons bien le contrôle sur tout”, se confiait Nikolai Ardey.
Volkswagen veut donc trouver une solution pour apporter les applications phares de chaque écosystème, à savoir Google Maps, Waze, YouTube, mais aussi des applications du côté de chez Apple, pour que les clients puissent tout retrouver. Cela devra dépasser les interfaces Apple Car Play ou Android Auto, qui ne font qu’un relais limité du contenu du smartphone des clients vers l’écran de la voiture.
À ce titre, Porsche pourrait donc prendre les devants et préparer le terrain.
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