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Pourquoi tourner en rond ? Cet étrange parcours d’un avion hier

Un Airbus A321 XLR a effectué 8700 kilomètres sans escale pendant 13 heures. Mais il ne s’est rendu nul part.

De Toulouse à Toulouse, hier, un nouvel appareil de type A321 XLR a effectué un vol de test pour le moins original. Pendant 13 heures, il aura effectué 8700 kilomètres en traversant la France, le Pays de Galles, l’Écosse, la Norvège, le Danemark, l’Allemagne, la République tchèque, l’Autriche et enfin l’Italie, avant de retourner se poser à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Dans la baie de Biscaye, dans le Golf de Gascogne, il en a profité pour dessiner une trajectoire en forme de XLR, les initiales de la version de l’avion, relatives à “Xtra Long Range”.

Le vol le plus long enregistré à ce jour pour un appareil commercial a duré plus de 18h. Mais cela ne fait pas de celui de l’A321 XLR hier un vol anodin. En réalité, voler 13 heures et parcourir 8700 kilomètres pour un appareil à fuselage étroit montre l’efficience que trouve aujourd’hui Airbus avec ses nouvelles technologies. Celui qui semblait ne permettre que des vols courts-courriers et moyens-courriers est aujourd’hui en mesure d’être commandé par les compagnies pour effectuer des vols transatlantiques.

Cela ne sera pas suffisant pour opérer un vol Paris-Los Angeles, mais de quoi relier Paris à la Guadeloupe par exemple. À cette heure, les seuls avions qui réalisent ce genre de vols sont des Airbus A330, A340, A350 ou A380. Chez Boeing aussi, les avions long-courriers sont des B777, B787 ou B747. Les B737 Max 8 ne sont pas en mesure de réaliser plus de 6 600 kilomètres avec un seul plein. Le nouvel A321, déjà sans la version XLR, a permis a des compagnies comme TAP Portugal de relier Lisbonne à New-York, Boston et Toronto, sans devoir payer pour une flotte d’appareils long courrier.

Pourquoi effectuer un tel vol ?

Revenons au vol effectué hier par les ingénieurs d’Airbus. Alors que l’appareil est prévu pour entrer en service en 2024, les tests s’enchaînent encore. Et cette fois-ci, le programme était de tester l’autonomie, mais aussi les conditions extrêmes en termes de température : l’avion a testé ses systèmes de résistance au froid pour le carburant à des altitudes où la température atteint les – 60 degrés. “Tous les transferts ont fonctionné correctement, toutes les indications à l’équipage étaient bonnes, tous les taux de transfert étaient nominaux”, concluait Jim Fawcett, l’ingénieur principal de l’essai en vol.

Airbus A321 XLR carburant
Le réservoir principal de l’A321 XLR est situé directement dans le fuselage © Airbus

Les essais par temps froid se poursuivront en 2023, afin d’obtenir la certification complète en fin d’année. Nous ne connaissons pas encore les itinéraires prévus, mais une chose est sûre, les pilotes continueront à voir du pays. Ces derniers précisaient d’ailleurs, en réponse à l’une des questions les plus populaires des internautes, qu’ils avaient effectué le parcours pour dessiner les initiales XLR en mode manuel, sans aide extérieur. Il leur aura fallu 3 heures, à 27 000 pieds d’altitude.

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