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Renault : le géant du pétrole saoudien fait un deal

Quelqu’un vient de frapper à la porte de Renault. Objectif : investir dans le capital de sa nouvelle co-entreprise Horse.

Aramco fait de l’oeil à Renault. La marque au losange veut séparer son activité dans l’électrique avec celle dans les motorisations thermiques et cela plaît au géant pétrolier saoudien. Plutôt que Ampère (nouvelle marque 100 % électrique), un investissement massif se prépare du côté de “Horse”, la nouvelle co-entreprise lancée l’année dernière par Renault Groupe et Geely pour produire et vendre des moteurs hybrides sur le marché.

Renault vient d’officialiser ses pourparlers avec le plus gros producteur de pétrole au monde pour en faire un nouvel actionnaire et prendre une part équilibrée dans la répartition actuellement de 50/50 entre Renault et Geely. Il faudra bien cela à la filiale qui vise déjà 80 % des parts de marché dans les ventes de moteurs hybrides à l’échelle mondiale. Horse va pouvoir s’appuyer sur 17 usines de production, 19 000 salariés et une présence sur 3 continents.

Comme Renault, Geely doit aussi satisfaire la demande en moteurs de ses marques internes. Le groupe chinois possède notamment Volvo et Lotus, mais aussi Lynk & Co, sa nouvelle marque d’autopartage aux SUV à moteurs hybrides. Jusqu’à 5 millions de moteurs doivent sortir d’usine (hybrides et hybrides rechargeables). En s’alliant, Renault et Geely réduisent leurs coûts et capitalisent sur un marché qui n’est pas près d’être abandonné de si tôt malgré la transition vers le 100 % électrique.

Horse n’est pas une marque automobile cela dit. Il s’agira pour les années futures d’un vrai partenaire qui travaillera “avec de nombreuses marques automobiles dans le monde pour un approvisionnement dans les décennies futures”, déclarait Luca de Meo, le PDG de Renault. Le groupe français, bien que plus petit que Geely ou encore que Aramco, est tout de même en belle forme. Ses comptes en 2022 se sont bien redressés encore, et son départ de Russie ne l’a pas menacé longtemps.

Carburant synthétique et hydrogène

Alors que peut donc apporter un géant du pétrole comme Aramco dans le deal avec Horse ? Tout se résume en une phrase dans le communiqué publié ce matin : “l’investissement prévu d’Aramco viserait à soutenir le développement de solutions de carburants synthétiques et de technologies d’hydrogène de nouvelle génération”, est-il écrit. “Il va lui donner une longueur d’avance dans la course à la technologie thermique à très faibles émissions”, ajoutait-il. Un carburant synthétique rappelle les plans actuels développés en partie chez Volkswagen avec Porsche. En parallèle, des solutions de moteurs à hydrogène sont aussi dans les plans, pour le plus grand bonheur de l’industrie française.

Les moteurs essence, pour survivre, devront fonctionner avec une nouvelle solution de production. La condition indispensable pour que les moteurs puissent encore être certifiés, notamment en Europe où les normes sont de plus en plus sévères. La technologie hybride n’aide pas : avec le poids des moteurs et batteries électriques, ces voitures peuvent se retrouver à consommer énormément, comme sur autoroute, en mode 100 % thermique.

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