Passer au contenu

La nouvelle vie de l’usine russe de Renault

Moscou a besoin de nouveaux taxis.

Yandex ne vous dit certainement rien, mais il s’agit de l’équivalent russe de Uber (et de Blablacar). À travers son application, il est possible de se déplacer notamment dans la capitale, Moscou. Cela dit, face à la demande et à la nécessité du pays à produire ses propres voitures pour ne plus dépendre des marques étrangères, Yandex vient de passer commande. 3000 nouveaux SUV arrivent, et ils seront produits dans une usine laissée progressivement à l’arrêt depuis l’année dernière. Le site n’est autre que l’ancien lieu de production de la marque française Renault.

Le départ de la marque au losange suite à la guerre en Ukraine lui a coûté la bagatelle de 2,2 milliards d’euros. Le prix en particulier de ses usines à Moscou, où elle opérait avec sa filiale Avtovaz. Et si la situation a failli lui coûter la vie, elle a permis à une autre marque de renaître : Moskvitch. Née dans les années 1930, voilà que ses nouveaux plans l’entraîne à viser 50 000 exemplaires ce ses nouveaux modèles cette année. Des voitures produites “sous licence”, avec des pièces chinoises d’un autre constructeur. Parmi elles, 10 000 unités en 100 % électrique.

Voitures en kit

Auparavant, Renault produisait jusqu’à 150 000 voitures dans ses usines à Moscou. C’est en effet les chiffres que publiait la marque il y a deux ans à peine, pour l’exercice 2021. Il y avait des Renault Arkana, Duster et Kaptur (l’équivalent du Captur). Avec Moskvitch, 3000 nouveaux exemplaires du SUV Moskvitch 3 vont donc être livrés à Yandex, pour devenir des taxis. Les pièces proviennent de la marque chinoise JAC Motors., qui vend ses pièces en kit, et particulièrement pour la Russie aujourd’hui.

Merci la hausse des prix, dans un contexte inflationniste en Europe, qui a permis en revanche à Renault de se relever de son départ de Russie. Dans ses comptes, publiés début février, une perte nette de 338 millions d’euros, mais un chiffre d’affaires en croissance de 11,4 % (46,4 milliards d’euros). Il y a 2 ans, les pertes étaient d’une tout autre échelle : 8 milliards d’euros. La stratégie gagnante de Luca de Meo lorsqu’il prenait les commandes à la tête du groupe, a permis d’augmenter de 33 % les rendements sur chaque modèle vendu.

Outre le sujet de la Russie, la santé du groupe lui permettra aussi d’essuyer les dépenses en investissement dans l’électrique, comprenant à la fois les moteurs, mais aussi les stations de recharge – des sites que la marque souhaite installer en France et dans plusieurs pays européens pour la mi-2024.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.