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Ce que risquent les startup offrant des abonnements automobile

Une startup d’abonnement automobile risque la faillite après un renversement du marché. Quelles alternatives ?

L’abonnement automobile est prometteur, mais son modèle est encore instable. Aux États-Unis, le fondateur de l’entreprise Autonomy (ex Next Car) est dans une situation critique avec “une position de trésorerie très très serrée”. La faute à un renversement du marché. Celui de la vente de voitures électriques et notamment de Tesla, marque que la startup de Santa Monica appréciait tout particulièrement.

Au bord de la faillite, Autonomy a subi de plein fouet la baisse de la demande liée à l’inflation, la crise de confiance des investisseurs dans le capital-risque, ainsi que la baisse des prix sur la boutique de Tesla, pour des modèles 7 500 dollars moins cher. Pendant longtemps, les prix des Model 3 et Model Y n’ont cessé d’évoluer et poussaient les clients à préférer la location à court terme plutôt que l’achat.

En un rien de temps, les comptes du loueur de voitures électriques se sont effondrés. Au même moment, alors en pleine confiance sur l’avenir, Autonomy commandait pas moins de 23 000 nouveaux modèles, cette fois-ci de plusieurs marques dont General Motors et Volkswagen, pour un chèque total de 1,2 milliard de dollars. Vous imaginez le problème aujourd’hui, pour toute cette flotte qui ne trouvera peut-être pas preneur.

L’abonnement automobile a beau paraître prometteur pour l’avenir (il l’est), cela ne veut pas dire que son modèle est viable à l’heure actuelle. Pour pouvoir s’affranchir des risques que vient de connaître Autonomy, mieux vaut encore y aller par étape et se créer des sécurités en cas de renversement de situation tel que le cas présenté ici. “Autonomy a connu une croissance rapide (plus ou moins 50% par mois), a plus de 10 millions de dollars en fonds propres positifs pour la flotte, et cela fonctionne”, se défendait le fondateur de la startup par mail, Scott Painter.

Quelles solutions pour un abonnement automobile ?

En Europe, Lynk & Co fait son nid. Pour le coup, sa stratégie est tout autre, car la marque ne dépend que d’un seul investisseur (sa maison mère Geely) et construit ses propres voitures. Même si l’entreprise a dû augmenter les mensualités de son abonnement l’été dernier, son modèle serait solide. En fin d’année 2022, son cofondateur et PDG Alain Visser nous confirmait qu’il s’attendait à atteindre la rentabilité d’ici 2 ans.

Aussi, le nombre d’exemplaires en circulation de Lynk & Co est loin d’être égal au nombre de clients, car les voitures sont en grande partie partagées. Pour 100 000 clients, l’objectif de la marque à terme est d’atteindre une part de 35 000 voitures en circulation. Quant aux contrats, ils stipulent que toute voiture doit être remplacée au bout de sa première année. Un moyen pour la marque de la revendre sur le marché de l’occasion et de bénéficier d’une valeur résiduelle encore élevée.

En Allemagne, c’est du côté de Porsche que le groupe Volkswagen mène ses expériences. Un abonnement automobile est disponible depuis l’année dernière dans plusieurs villes, pour que les clients puissent utiliser tous les modèles de la gamme, quand ils le souhaitent, et le tout pour une souscription mensuelle tout compris.

Le groupe Volkswagen fait à la fois partie des acteurs traditionnels les plus persuadés que la voiture individuelle aura encore un long avenir, tout comme de ces entreprises qui cherchent à rester au goût du jour pour se préparer à une évolution des usages, du produit vers le service.

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