Il ne faut pas suivre le secteur de trop près pour réaliser à quel point SpaceX a rebattu les cartes des lanceurs spatiaux – qu’il s’agisse de mettre en orbite des satellites, assurer des rotations avec l’ISS ou se muer en la colonne vertébrale des futures missions Artemis vers la lune.
La Nasa continue de donner une chance à ses partenaires historiques, notamment ULA en ce qui concerne Artemis et, pour ce qui concerne les rotations vers l’ISS, Boeing qui peine encore à faire une démonstration réellement éloquente de sa capsule Starliner. Il ne faut pas comprendre, à ce stade, que Boeing est sur la touche.
SpaceX s’impose face à la lenteur de Boeing
Le constructeur continue de s’activer pour régler les derniers détails qui empêchent pour l’instant le Starliner d’entrer en service. Mais SpaceX n’arrête pas dans le même temps de marquer des points, avec une capsule Crew Dragon qui s’ajoute à des rotations assez fréquentes de capsules cargo elles aussi opérées par SpaceX.
Capsules qui déploient des technologies et une attention très poussée sur des questions, aussi, telles que l’ergonomie, de nouvelles modalités de contrôle (les occupants peuvent piloter manuellement si nécessaire la capsule via des écrans tactiles), ou encore un design interne de la cabine qui lui donne des airs “d’aéronef commercial” comme peut l’être un avion de ligne.
En comparaison, le Starliner de Boeing semble hérité de technologies qui ont relativement peu évolué depuis plusieurs décennies. Le constructeur faisait, au départ, avec le Starliner, figure de “choix de la raison et de l’expérience”. Mais aussi difficile cela soit-il à accepter, Boeing est aujourd’hui, faute de démonstration convaincante, loin derrière dans la course au New Space.
Or, avec une fin de vie de l’ISS programmée en 2031, on peut se demander de plus en plus si Boeing aura un rôle vraiment majeur dans les rotations vers la station spatiale internationale. C’est ce qui semble transparaître du dernier calendrier de vols habités dévoilé par la Nasa.
L’agence vient en effet de dévoiler sa feuille de route jusqu’en 2025, et ce qui en ressort, c’est que la Nasa compte en réalité désormais beaucoup plus sur SpaceX, qui, au moins, n’a plus grand chose à prouver sur ce type de missions – et a une capacité de lancements suffisante pour absorber l’absence de Boeing.
Ainsi, selon ce calendrier, le prochain lancement habité sera le lancement de la mission Crew-8 (par SpaceX) en février 2024. Celui-ci comptera les astronautes Matthew Dominick, Michael Barratt et Jeanette Epps – ainsi que le cosmonaute Alexander Grebenkin, en dépit des relations exécrables entre Moscou et Washington.
Vers la moitié du mois d’août, la mission Crew-9 (aussi opérée par SpaceX) doit embarquer un équipage que la Nasa doit encore fixer. Ce n’est en fait qu’en 2025 qu’un dixième vol habité pourrait servir de vol inaugural pour le Starliner de Boeing. Mais là encore, rien n’est certain. La capsule Starliner est toujours en souffrance d’un vol de test final et d’une certification.
Cette démonstration doit avoir lieu en théorie “à la mi-avril” au plus tôt. Mais pour l’instant ni la Nasa, ni Boeing ne donnent de date précise. Ce qui n’est pas, c’est un euphémisme, bon signe pour le partenaire historique de l’agence. Pour rappel, initialement, le Starliner devait entrer en service en 2022.
Mais des délais dans son développement et problèmes découverts lors d’un des premiers vols de test ont repoussé sa mise en service aux calendes grecques. Le Starliner n’ayant pour vocation que des missions vers l’ISS, dont la fin vie est déjà programmée en 2031, sa durée de vie potentielle se réduit donc chaque jour comme une peau de chagrin.
Ce qui renforce d’autant le rôle de SpaceX dans les futures missions de la Nasa, en particulier les missions Artemis dans lesquelles Boeing n’a pour l’heure qu’un rôle annexe de maître d’oeuvre aux côtés de ULA, Northrop Grumman et Aerojet Rocketdyne pour développer le lanceur SLS.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.