Il y a quelques jours, SpaceX dévoilait l’un de ses projets les plus ambitieux à ce jour : Starbase Louisiane, un port spatial géant dans le sud de la Louisiane, sur environ 50 000 hectares. Un chantier chiffré à 100 milliards de dollars pour construire 10 pas de tir répartis en 5 complexes. À terme, Elon Musk promet d’y faire décoller sa fusée géante Starship plusieurs fois par jour.
Mais une cadence aussi soutenue suppose de résoudre un défi logistique de taille : le carburant. Car chaque décollage consomme plus de 2 millions de litres de méthane liquide, généralement acheminé par camions-citernes. Un mode de transport désormais incompatible avec l’ambition de l’entreprise. L’idée est donc de produire ce carburant directement sur place, en Louisiane, plutôt que de dépendre d’un fournisseur tiers. C’est précisément l’objet du nouvel appel d’offres de SpaceX, dont le vainqueur sera annoncé sous peu.

Un délai extrêmement serré
Et selon les informations exclusives de BFM Business, Technip Energies a proposé « une réplique » de son propre projet Commonwealth LNG, qui est justement en construction en Louisiane, à quelques kilomètres du futur site de Starbase. La société française exploite déjà près d’un quart des capacités mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL), composé à plus de 90 % de méthane, et connaît donc les spécificités du terrain.
Concrètement, l’installation afficherait une capacité de 9,5 millions de tonnes de GNL par an. À noter, néanmoins, que les turbines qui feraient fonctionner le site seraient électriques, et non alimentées au gaz comme c’est le cas dans les centres de données Colossus. C’est un contrat extrêmement juteux qui est en jeu, à plus de 10 milliards de dollars, d’après nos confrères.
En revanche, et sans grande surprise le rythme à tenir serait effréné : la firme tricolore n’aurait que 36 mois pour construire l’ensemble des installations de carburant.

À fond sur les énergies fossiles
Depuis plusieurs mois, Elon Musk multiplie les investissements dans les énergies fossiles pour alimenter ses projets pharaoniques. C’est notamment le cas dans les data centers de xAI, mais aussi dans sa future usine géante de semi-conducteurs, Terafab.
Le choix même de la Louisiane pour son nouveau spatioport n’échappe pas à cette logique. Le site profite en effet de sa proximité avec Henry Hub, l’un des plus grands carrefours gaziers des États-Unis. Reste à voir si Technip Energies reportera effectivement le pactole.
- Technip Energies, spécialiste français du GNL, est candidat à un contrat de plus de 10 milliards de dollars pour produire le carburant de Starbase Louisiane, le nouveau spatioport de SpaceX.
- Le projet reprendrait le modèle de Commonwealth LNG, déjà en construction à proximité.
- Ce contrat s’inscrit dans la stratégie plus large de Musk consistant à produire son énergie sur place, du gaz naturel au méthane pour Starship.
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