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J’ai testé l’Opel Corsa GSE : comment mes tours de circuit pied au plancher m’ont coûté moins d’un euro

L’Opel Corsa GSE ne fait pas dans le paraître. Son truc à elle, c’est la puissance sur route et l’agilité sur piste. Bluffant, d’autant plus que le coût d’utilisation a de quoi faire sourire même à rythme élevé. Suis-je gagnant sur tous les plans ?

Et c’est reparti pour un tour de manège ! Ce charmant petit circuit à la lisière de Vienne met à l’épreuve le châssis extra de l’Opel Corsa GSE. De l’électrique sur la piste ? Oui, et visiblement, ça réussit à la citadine allemande : avec 281 ch et 345 Nm de couple, accélérations et reprises sont canons. Et le train avant parvient à digérer cette puissance sans broncher puisque le différentiel à glissement limité contient efficacement le patinage.

Ce qui est également digeste est le coût à l’utilisation. Une poignée d’euros pour prendre son pied à fond de plancher, ça ne se refuse pas ! Car là est toute la magie de la motorisation électrique : infiniment moins chère, l’énergie permet de se faire plaisir sans trop compter. Et cela se vérifie rapidement en regardant la consommation moyenne. Avec 46,4 kWh/100 km sur notre séance circuit, il y a de quoi être conquis.

0,72 € la session circuit : un rapport prix/sensations imbattable

Puisque j’ai piloté à toute allure sur 12 km, j’aurai consommé 5,6 kWh. Vu que le kilowattheure est facturé 0,13 € en heure creuse sur le forfait le plus adapté, la course m’aura coûté 72 centimes. 0,72 € pour avoir la banane pendant presque dix bonnes minutes, c’est difficilement égalable. La conduite est tout à fait ludique, le roulis bien contenu, la direction assez précise et le freinage plutôt puissant. Mais la pédale de frein reste encore un peu difficile à doser.

Les micro-chicanes faisant passer d’un plateau à l’autre permettent de voir comment s’en sort le véhicule en délestage. L’amortissement fait son travail, même s’il cogne rapidement si l’on arrive trop vite en compression. Par rapport à une Corsa standard, il faut dire que la GSE a été naturellement raffermie pour une meilleure accroche. C’est probant, d’autant plus que le volant est agréable à prendre en mains, avec sa jante partiellement garnie d’Alcantara.

À 40 000 €, un habitacle et un écran tactile qui déçoivent

Même histoire concernant les sièges, assez confortables et maintenant sérieusement le corps en virages. Le reste de l’habitacle n’est en revanche pas réellement au niveau d’une citadine vendue à presque 40 000 €. Hormis les assises, le volant et les contreportes, il n’y a aucun changement par rapport aux autres Corsa. C’est donc basique, dur et rugueux où que l’on pose les yeux et les doigts.

La palme revient à l’infodivertissement, avec un écran de 10 pouces complètement archaïque. On découvre rapidement des fonctionnalités très limitées au travers d’une navigation particulièrement laborieuse entre les menus. Le bingo concerne le GPS, dénué de planificateur. Quant à l’instrumentation numérique de 7 pouces derrière le volant, elle est bigrement mal intégrée et extrêmement peu personnalisable.

Places arrière et coffre : le vrai point faible de l’allemande ?

Au moins retrouverons-nous un bloc de ventilation entièrement physique profitant à l’ergonomie. Le minimum pour éviter la prise de tête… Car aux places arrière, on ne voudra certainement pas cumuler les heures de voyage. Avec ses 4,06 mètres de long, la Corsa GSE est petite, ok. Elle est maniable, mais le fait payer à bord avec un espace aux jambes et aux coudes très contraint.

En outre, la banquette n’est pas assez haute alors qu’un imposant tunnel central dicte sa loi au passager central. Avec ses 267 litres, le coffre ne permet pas à l’allemande de se rattraper. Et bien sûr, on pourra toujours rêver quant à la présence d’un rangement sous le capot avant. La Corsa GSE est-elle alors mieux à rouler au quotidien ? Pour le savoir, troquons la piste pour la route.

Gare au tape-cul : que vaut-elle en dehors des circuits ?

Sur les premiers kilomètres, l’amortissement est franchement raide avec les jantes de 18 pouces. On a tout simplement l’impression d’avoir le derrière directement posé sur la chaussée. Difficile de considérer la chose confortable, d’autant plus que les remontées sonores sont nombreuses sur revêtement granuleux. Peu agréable. Vu l’épaisseur des montants, la visibilité périphérique n’est pas non plus exceptionnelle.

La citadine allemande tente de se faire pardonner au chapitre tarifaire. En débutant à 39 990 €, elle demeure chère dans l’absolu. Mais en la comparant à ses rivales, on relativise vite. Sa cousine la Peugeot e-208 GTi commence par exemple à 42 900 € avec un équipement semblable et une technique identique. Aussi mignonne soit-elle, l’Alpine A290 ouvre sa gamme à 39 500 €. Mais sa puissance dévisse de… 101 ch par rapport à la Corsa GSE !

Face à l’Alpine A290 et la e-208 GTi : plus fun pour moins cher ?

Même en faisant abstraction de l’écart concernant la cavalerie, je dois reconnaître que l’Opel reste plus sympa à piloter que l’Alpine. L’auto est plus joueuse et plus virevoltante sur ses appuis. C’est bien ce que l’on cherche sur ces petites bombinettes. Les différences esthétiques avec les Corsa standard sont par contre bien plus ténues. Pour qui aime passer incognito, c’est top. Pour qui aime être la star de la soirée, c’est raté.

Le bon point, c’est qu’en roulant paisiblement en mode Éco, la consommation est correcte. Après m’être défoulé sur circuit, j’ai fait un trajet campagnard de 82 km qui s’est soldé par un appétit de 18,6 kWh/100 km. De quoi parcourir environ 300 km sur une charge. C’est ok, ni plus, ni moins. Tout comme la puissance de recharge, plafonnée à 100 kW en courant continu DC pour un 10 à 80 % de batterie sous la demi-heure.

Bilan : faut-il craquer pour l’Opel Corsa GSE ?

Raide, étriquée et peu polyvalente, l’Opel Corsa GSE n’est pas la meilleure compagne au quotidien. Elle se révèle en revanche tout à son aise sur circuit, où sa conduite devient aussi ludique que sécurisante à rythme élevé. Sa caisse sait se tenir en virages alors que son train avant accrocheur répond aux moindres sollicitations. Et son prix, sensiblement inférieur à celui de ses rivales, sauve les meubles.

Opel Corsa Gse (1)
© Thomas Kim pour Presse-citron

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Opel Corsa GSE

39 990 €
8

Verdict

8.0/10

On aime

  • L’efficacité sur circuit
  • Le moteur tonique
  • Le coût d’usage contenu
  • L’ergonomie facile

On aime moins

  • L’amortissement trop raide
  • L’espace arrière vraiment limité
  • La qualité de finition quelconque
  • L’infodivertissement à la peine