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Un SUV électrique pollue-t-il vraiment plus qu’une citadine à essence ?

Une étude américaine relance le débat sur la pollution des véhicules électriques. Selon ses résultats, un SUV électrique pollue plus qu’une citadine à essence. Cette comparaison n’est-elle pas un peu biaisée ?

  • Une étude américaine révèle que certains SUV électriques polluent plus que des citadines à essence
  • En cause, l’impact de la production de batteries
  • Attention aux raccourcis

Alors que l’Europe prépare un avenir sans voitures thermiques, une nouvelle étude américaine vient semer le doute dans une industrie lancée à 100 à l’heure dans son électrification.

L’étude en question, relayée par le New York Times, a été menée par le MIT et repose sur une analyse des données récoltées par Carbon Counter. Cet outil permet de calculer la quantité de CO2 rejetée par un véhicule (thermique ou électrique) tout au long de son cycle de vie en tenant compte de divers paramètres autres que l’énergie utilisée pour se déplacer : pays de fabrication, d’utilisation, moyens de production, chaînes d’approvisionnement etc.

Selon les résultats de l’étude, en prenant en considération tous les paramètres de production, de circulation, de durée de vie etc., certains SUV électriques polluent plus qu’une citadine à essence. Dans l’absolu, cette affirmation est donc vraie. Mais ces conclusions doivent être nuancées.

Batteries de voitures électriques : la grande interrogation

Si le MIT en arrive à de telles conclusions, c’est parce que l’industrie n’a pas encore trouvé de solutions pérenne dans la production des batteries. À l’heure actuelle, la pollution d’une voiture électrique repose essentiellement sur son moyen et lieu de production. Celle d’une voiture thermique s’étend aussi sur son cycle de vie puisque l’essence et le diesel polluent quand l’électrique n’a aucun impact.

Aussi, le calcul du degré de pollution d’une voiture électrique repose sur le temps qu’elle mettra à compenser l’impact de sa production polluante. Pour le cas des SUV nécessitant d’énormes batteries, ce temps s’allonge.

Surtout, le degré de pollution dépend du pays de production. En France, où l’énergie des usines de fabrication dépend à 80% du nucléaire (faible en émissions de CO2), la production de batteries a un faible impact. Mais dans les usines chinoises ou allemandes, essentiellement alimentées par des centrales à charbon, l’impact est énorme.

À bas les SUV !

Comparer le niveau de pollution d’un SUV est d’une citadine n’a pas vraiment de sens. Le premier peut transporter plus de personnes ou de matériel, se déplace mieux sur les longs trajets quand l’autre est avant tout utilisée en milieux urbains avec peu de passagers.

Cela n’enlève rien au phénomène SUV que certains tentent de contrer. Si la part des ventes de SUV a bondi de 8,5% à 31,4% entre 2010 et 2022 (51% pour les modèles électriques), certains constructeurs en reviennent.

C’est le cas par exemple de Citroën. Début 2023, son PDG expliquait que les SUV ne pouvaient pas s’inscrire dans la transition écologique et l’électrification de l’industrie, et ce pour deux raisons : ils sont trop lourds à déplacer et ils manquent d’aérodynamisme. Deux faiblesses que l’on ne peut se permettre de conserver alors que l’autonomie des véhicules électriques est un enjeu essentiel pour l’avenir de l’industrie.

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6 commentaires
6 commentaires
  1. Une batterie de suv Tesla lfp de 60kw/h pourra faire 600000 kms donc sera beaucoup moins polluante à terme que n’importe quelle voiture à essence,surtout en France, bande de c…

    1. J’aime quand le journaliste nous dit de ne pas faire de raccourcis et qu’on lit « puisque l’essence et le diesel polluent quand l’électrique n’a aucun impact. » en milieu d’article…

    2. 600 000km théorique, il va falloir beaucoup rouler quand même… parce que les batteries s’use dans le temps, même si tesla a pris soin de maximiser cette durée de vie, ça reste un problème inhérent aux batteries actuelles.
      Pour quelqu’un qui roule pas beaucoup comme moi, aucun intérêt de passer a l’électrique. Et c’est la le vrai problème de l’électrique. Dans tout les cas cette mode des suv doit vraiment s’arrêter c’est clair et net, ça reste utile pour une minorité (surtout rurale) mais en voir en ville ça m’énerve.

      1. En France le milieu rural n’existe presque plus… On a des routes en béton a peu près partout, les SUV dans leur grande majorité ne sont jamais utilisés pour faire les chemins, on les voit plutôt en ville… Un 4×4 a la campagne a la limite, mais les berlines et citadines s’en sortent très bien en milieu rural
        Quand on voit des affirmations catégoriques comme “l’essence et diesel polluent, et l’électrique n’a aucun impact” on voit très bien où ça va, et encore plus quand on affirme derrière que le nucléaire n’a pas d’impact en CO2, comme si on le trouvait chez nous avec des pelles et des pioches, comme si la pollution concernait uniquement le CO2 hahaha

  2. Petit ajout : pour la comparaison il faut non seulement tenir compte de la carbonation de l’électricité d’un pays pour la construction mais également de celle du pays où le véhicule roule ensuite. Par exemple une voiture fabriquée en Chine aura un bilan construction catastrophique. Cette voiture ensuite peut rattraper la partie en France beaucoup plus vite qu’en Allemagne.

  3. Evidemment, un SUV de 2,5 Tonnes pour aller chercher sa baguette de pain est une aberration environnementale, au même titre que son pendant thermique.

    C’est une donnée indéniable du probleme aujourd’hui avec une offre électrique concentrée à 70% sur des véhicules haut de gamme, lourds, imposants et surpuissants.

    Sans doute pour tenter de justifier des tarifs stratosphériques

Les commentaires sont fermés.