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Avec des vents proches de 285 km/h, l’ouragan Polo, classé en catégorie 4, continue de longer les côtes du Mexique : un épisode météo d’une intensité exceptionnelle

En moins de 24 heures, une petite tempêtre tropicale s’est transformée en monstre de catégorie 5 : l’ouragan Polo, actuellement proche des côtes du Pacifique mexicain, est le deuxième cyclone le plus intense jamais enregistré dans cette partie du globe.

Dimanche 20 septembre, s’amoncelait au sud du Mexique un amas nuageux, qui a obtenu la désignation de dépression tropicale E-17, ce qui signifie que le système présentait déjà des caractéristiques suffisants pour être classé comme cyclone tropical par le Centre national des ouragans. À peine cinq jours plus tard, cette perturbation est devenue l’ouragan Polo, oscillant entre les catégories 4 et 5 de l’échelle de Saffir-Simpson avec des vents soutenus proches de 250 km/h. Le diamètre de son œil était tellement compact que les avions « chasseurs de cyclones », de la NOAA ont dû le pénétrer pour confirmer son intensité réelle, les satellites d’observation eux-mêmes ne parvenant plus à mesurer sa puissance.

Le Centre national des ouragans de Miami a qualifié son intensification de « véritablement remarquable » ; un euphémisme, quand on sait que seul l’ouragan Patricia, en 2015, l’a surpassé dans les archives du Pacifique Est.

Polo : un des ouragans les plus extrêmes du bassin Pacifique

Lundi 21 septembre au matin, ses vents ne dépassaient pas les 75 km/h, et 24 heures plus tard, ils atteignaient, à leur maximum, 285 km/h. Sa pression centrale a chuté en une seule journée de 88 millibars : la deuxième dégringolade barométrique la plus rapide jamais mesurée dans le bassin, derrière Patricia et ses 100 millibars perdus dans le même intervalle.

Pour celles et ceux qui ne seraient pas à l’aise avec le vocabulaire météorologique, retenez simplement que la pression atmosphérique fonctionne comme le « moteur » d’un cyclone. Plus elle chute soudainement, plus l’air est aspiré violemment vers son centre, et plus ses vents seront destructeurs. En termes de vitesse d’intensification des vents (95 nœuds en 24 heures), Polo se classe au troisième rang historique, derrière Patricia et l’ouragan Otis de 2023.

Si Polo s’est déchaîné avec une telle force si rapidement, c’est que la saison cyclonique 2026 est affectée par deux facteurs qui sont rarement aussi bien alignés. Premièrement, les eaux de surface du Pacifique orientale, surchauffées par un épisode El Niño particulièrement vigoureux, ont atteint 31 °C en surface. Cette chaleur provoque une évaporation fulgurante ; la vapeur d’eau ainsi libérée s’élève, se condense en altitude et libère une énergie thermique colossale dans laquelle l’ouragan vient puiser.

Deuxièmement, le cisaillement des vents (différence de vitesse et de direction des vents entre les basses et hautes couches de l’atmosphère) est resté anormalement faible. Lorsqu’il est suffisamment prononcé, il peut freiner un ouragan en cisaillant sa colonne convective et empêcher l’œil de se former ou de se maintenir. Sa quasi-absence a offert au système cyclonique un couloir d’air vertical complètement dégagé, dans lequel il a pu s’élever et s’amplifier sans entrave.

Polo est, pour l’instant, le troisième ouragan de catégorie 5 dans le bassin Pacifique depuis le mois de juin, après Genevieve et Lowell. L’Atlantique, autre bassin qui connaît lui aussi des ouragans à cette saison (comme Erin l’année dernière), n’en a connu aucun ; un record d’inactivité. Les deux phénomènes partagent la même cause : El Niño produit l’effet inverse sur l’Atlantique, où il renforce le cisaillement et empêche les cyclones de se former.

Depuis mardi, Polo alterne entre les catégories 4 et 5 et ses bandes pluvieuses externes ont déjà arrosé les côtes du Guerrero, du Michoacán et du Colima (voir post sur X ci-dessus). Les autorités mexicaines ont donc déclenché le plan d’urgence et de protection civile de l’armée mexicaine : la Marine nationale a fermé plusieurs ports et les cours ont été suspendus dans les zones littorales les plus exposées. Les habitants de Lázaro Cárdenas et d’Acapulco ont également barricadé les commerces et leurs habitations, bien que la présidente Claudia Sheinbaum ait pris la parole pour expliquer que Polo ne devrait pas toucher terre. Les prévisions du Centre national des ouragans indiquent que le cœur du cyclone s’éloigne désormais du littoral sud-ouest pour décrire un arc vers le nord-ouest, en direction de la péninsule de Basse-Californie, où il pourrait arriver en début de semaine prochaine encore classé ouragan, mais sensiblement affaibli. Une bien maigre consolation pour les habitants de la côte pacifique, qui devront, à l’avenir, affronter des ouragans toujours plus puissants, un effet indirect du réchauffement climatique.

  • L’ouragan Polo a atteint des vents de 285 km/h, devenant le deuxième cyclone le plus intense jamais enregistré dans le Pacifique Est.
  • Sa rapide intensification est due à des eaux de surface surchauffées et à un faible cisaillement des vents.
  • Les autorités mexicaines ont activé des mesures d’urgence alors que Polo s’éloigne des côtes, mais les risques d’ouragans puissants demeurent à cause du réchauffement climatique.

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