Passer au contenu

Victoire ! Le spécialiste français du cœur artificiel, Carmat, trouve un second souffle

Carmat, spécialiste tricolore du cœur artificiel, était à deux doigts de s’arrêter net. La justice lui offre finalement un nouveau départ, mais au prix d’une restructuration sévère et d’un pari industriel aussi ambitieux que risqué.

Carmat, fabricant français de cœur artificiel, échappe finalement à la disparition. Placée en redressement judiciaire depuis l’été 2025 et au bord de la liquidation, la société trouve un nouveau souffle grâce à une offre de reprise menée par Pierre Bastid, déjà président et actionnaire de longue date.

La justice vient en effet de valider son plan ce 1er décembre, donnant vie à une structure entièrement nouvelle : Carmat SAS. L’entreprise repart avec un budget revu à la baisse de 110 millions d’euros étalés sur plusieurs tranches, apportés par la société Lohas, contrôlée par Bastid, et par Santé Holdings, le family office de la famille Ligresti, également au capital.

La survie de Carmat se paie toutefois au prix d’une restructuration brutale. Sur les 127 salariés que comptait encore la société, seuls 88 postes sont conservés. Les autres feront l’objet de licenciements économiques, conséquence directe d’une entreprise qui doit réduire son rythme de dépenses après des années de consommation de trésorerie jugée intenable. Carmat SAS reprend l’ensemble des opérations, y compris le suivi des patients déjà implantés.

Carmat Coeur Artificiel
© Carmat

Conquérir l’Amérique

Car l’entreprise développe un cœur artificiel de pointe nommé Aeson. Il est développé depuis plus de quinze ans, fruit de l’alliance entre le professeur Alain Carpentier, pionnier de la chirurgie cardiaque, et Matra, désormais filiale d’Airbus. Objectif : créer une prothèse capable d’imiter le fonctionnement d’un cœur humain, destinée à servir de solution d’attente pour les patients en insuffisance cardiaque terminale.

Après une première implantation réussie en 2013, puis une certification européenne obtenue fin 2020, Carmat a pu mener des implantations dans plusieurs pays. Au total, 122 patients ont été équipés, preuve d’un intérêt clinique réel. Mais plusieurs décès lors des essais, suivis de suspensions temporaires d’implantations, ont freiné le programme. En 2024 et 2025, Carmat répétait avoir besoin de financements urgents, faute de quoi la cessation de paiement devenait inévitable.

Elle se recentre désormais sur deux axes majeurs : l’obtention une indication de « thérapie de destination » en Europe, qui autoriserait une implantation permanente, et non plus seulement transitoire, et surtout l’accès au très convoité (et lucratif) marché américain. Les dirigeants veulent aussi maintenir un déploiement commercial plus sélectif, loin de l’expansion ambitieuse mais coûteuse des années précédentes.

  • Carmat évite la liquidation grâce à une reprise menée par Pierre Bastid, qui relance l’entreprise sous une nouvelle structure et avec un financement de 110 millions d’euros.
  • La société repart amputée d’une partie de ses effectifs mais conserve l’essentiel de son activité, dont le suivi des patients équipés du cœur artificiel Aeson.
  • Elle mise désormais sur une stratégie resserrée : obtenir une implantation permanente en Europe et conquérir enfin le marché américain.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

TousAntiCovid
TousAntiCovid
Par : Gouvernement français
4.4 / 5
k324.5 avis