Et si les licenciements massifs effectués cet été chez Xbox n’étaient qu’une manière d’alléger l’entreprise pour mieux la vendre ? C’est en tout cas ce que beaucoup d’observateurs imaginent. Mais malgré les contre-performances, les coûts élevés et le déficit d’image, Microsoft ne compte pas vendre sa division gaming. C’est en tout cas ce qu’affirme Asha Sharma.
Xbox veut retrouver la route du succès
Le New York Times consacre un long portrait à la présidente de la division Xbox. Arrivée en février dernier, elle s’est vu confier une mission claire : sauver le soldat Xbox. Pour arriver à ses fins, elle a entamé un dégraissage massif en remerciant 3 200 employés (1 600 déjà virés, 1 600 qui vont partir), en fusionnant des studios, en redonnant leur indépendance à certains et en fermant d’autres. Une méthode brutale qualifiée de « reset » (ses propres termes) et qui ne sert qu’un objectif : faire de Xbox une division rentable et populaire. Une manière de rendre cette branche de Microsoft plus attractive en vue d’un rachat ? Que nenni. Elle l’affirme haut et fort dans les colonnes du journal américain :
« Xbox n’est pas à vendre. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour retrouver la route du succès, nous allons trouver de bons partenaires, la bonne méthode et tout ce que nous aurons besoin pour accomplir cet objectif. »
Une position pragmatique et assumée. Cet été, dans une lettre interne envoyée à l’occasion d’une vague de licenciements, elle avait écrit : « notre business n’est pas sain » afin de justifier ses décisions. Pour sauver Xbox, il fallait tout revoir de fond en comble, quitte à mettre à la porte des employés de longue date et fermer des studios historiques rachetés à prix d’or. Une décision saluée par Satya Nadella en personne, le grand patron de Microsoft, qui a déclaré qu’une telle manœuvre était « belle à voir ».
Une nouvelle stratégie axée sur des jeux forts et les exclusivités
Sous l’impulsion de Phil Spencer, l’ancien dirigeant, Xbox a tenté un pari audacieux à la fin des années 2010, c’est-à-dire racheter bon nombre de studios, parfois des mastodontes comme Bethesda ou Activision Blizzard, afin d’alimenter son Game Pass. Un succès limité, car malgré son offre révolutionnaire et l’engouement qu’il a provoqué, le service n’a jamais été rentable, comme le montre la hausse brutale de prix le 1er octobre 2025 (il y a un an tout pile). Un prix finalement revu à la baisse à l’arrivée de Sharma.
Sharma mise donc sur le dégraissage, le recentrage des studios restants sur des marques fortes et exclusives, et la réattribution de certaines licences phares à de nouvelles équipes. Le premier gros test sera Gears of War E-Day, présenté comme la grosse exclu Xbox de cette fin d’année. D’autres suivront. À l’heure où Sony, le rival historique, enchaîne les décisions désastreuses qui attirent l’ire des joueurs, Xbox a son coup à jouer. Cela fait sans doute une belle jambe aux développeurs laissés sur le carreau. Le marché du jeu vidéo est en crise et ce sont toujours les employés qui trinquent, pas les actionnaires qui poussent vers de mauvaises stratégies.
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