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Zoom sur la stratégie gagnante de Renault

Alors qu’il perdait 8 milliards d’euros il y a un peu plus de deux ans, le groupe Renault a connu une excellente année 2022. Zoom sur la stratégie gagnante du géant français de l’auto.

  • En deux ans et demi, la stratégie du nouveau directeur général de Renault se révèle payante
  • Le groupe vend moins mais mieux
  • Les salariés (re)deviennent actionnaires du groupe

Cocorico ! Renault va bien. Très bien même. Il y a deux ans et demi, Luca de Meo prenait les commandes du groupe au poste de directeur général. À l’époque, le groupe perdait 8 milliards d’euros. Dire que Renault retrouve des couleurs depuis son arrivée serait un euphémisme. « Nous avons trois ans d’avance sur notre objectif de retournement » confie le dirigeant qui a complètement revu la stratégie du groupe.

Résultat : la perte du groupe se limite à 338 millions d’euros pour l’année 2022. Mais elle aurait pu être évitée si Renault n’avait pas été contraint de se passer de sa filiale russe AvtoVAZ-Lada. Ce coup dur survenu en avril 2022 grève les comptes de 2,3 milliards d’euros. Sans cela, Renault aurait enregistré un bénéfice net de 1,65 milliard d’euros.

Un chiffre que les dirigeants préfèrent retenir car plus représentatif du travail accompli. Autre chiffre important, celui de la marge opérationnelle du groupe qui s’établit à 5,6% du chiffre d’affaires sur l’année et qui a même dépassé les 6% sur le deuxième semestre pour atteindre « un niveau record » selon le groupe. La nouvelle stratégie est donc payante. Mais comment un tel retournement a-t-il été possible ?

Vendre moins mais mieux

33%, c’est la hausse du revenu moyen par voiture vendue chez Renault. Un tournant stratégique à l’opposé de la méthode Ghosn. Alors que l’ancien PDG de Renault misait sur le volume, Luca de Meo adopte la technique de son homologue Carlos Tavares (PSA, Opel puis Stellantis) : vendre moins mais avec un meilleur rendement.

Comment ? En s’appuyant sur de nouvelles plateformes capables de produire plusieurs véhicules de la marque Renault mais aussi des autres marques du groupe (Mitsubishi, Nissan). De cette façon, les économies d’échelle permettent à Renault de « faire baisser le point mort » explique le Monde. Le point mort est le niveau de production en dessous duquel l’entreprise perd de l’argent. À la manoeuvre, le patron de l’ingénierie Gille Le Borgne. Et ça marche !

Malgré une baisse des volumes de ventes de 5,9% en 2022 (2 052 174 voitures), le chiffre d’affaires de Renault a progressé de 11,4% pour s’établir à 46,4 milliards d’euros. Symbole de cette réussite, la Megane E-Tech, « véhicule électrique le plus vendu en France au second semestre » se félicité Luca de Meo, avec 49 000 commandes.

Le groupe va tellement bien que Renault a de nouveau ouvert le versement de dividendes aux employés. Plus de 95 000 salariés ont reçu six actions gratuites, plus de 40 000 ont acheté des actions à prix préférentiel (22,02 euros) ce qui porte leur part dans l’entreprise à 4,7% du capital. Et pour couronner le tout, l’enveloppe des salaires augmentera de 7,5% en 2023, de quoi absorber l’inflation qui devrait atteindre les 7% rapidement.

Pour 2023, le groupe se montre donc confiant mais reste réaliste. La baisse des prix des Tesla et le contexte économique pourraient ralentir ce « retournement ». Pas de quoi inquiéter le directeur général du groupe pour autant. Il peut déjà compter sur trois mois et demi de carnet de commande d’avance, tous modèles confondus, pour débuter 2023. Renault a connu des débuts d’année bien plus difficiles.

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6 commentaires
6 commentaires
    1. A force de vouloir faire toujours plus de marge, plus de profits, il n’y aura plus de voitures abordables pour le commun des mortels !!!!
      Après, il pleure de voir les chinois arriver…. Tu m’étonnes, il leur laisse un boulevard !!!
      Tous ces grands patrons n’ont qu’une vision de court terme. Ils s’en mordront les doigts sous peu !!!

    2. Ce qui génère des bénéfices pour Renault c’est la vente de ses filiales dans les pays et la vente de ses réseaux de distribution.

      L’organisation interne changée par M. De Meo, passage d’une organisation par marque plutôt que par marché, augmente considérablement les coûts en triplant les postes (Alpine, Dacia, Renault sans parler des autres marques Neutral et Mobilize). Est-ce une fragmentation pour mieux vendre l’entreprise ?

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