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Ce qu’il manque vraiment aux voitures autonomes pour rouler sans danger

Une étude passionnante vient d’être menée à ce sujet.

  • Les voitures autonomes n’arrivent pas à gérer les interactions sociales avec les humains
  • Cela génère des situations très dangereuses ou problématiques et freine considérablement le secteur
  • Une meilleure prise en compte de cet enjeu pourrait changer la donne

« Je ne peux pas imaginer un moment au cours de la prochaine décennie où nous aurions besoin de moins de conducteurs. » Cette déclaration de John Zimmer, co-fondateur de Lyft et grand défenseur de la voiture autonome, en dit long sur le marasme qui pèse sur ce secteur. Malgré les promesses d’Elon Musk et des grands leaders de l’industrie, ce n’est pas demain la veille que ces véhicules sans conducteur vont se démocratiser.

Une lacune à revoir

Une nouvelle étude menée par des chercheurs européens revient sur une des plus grandes failles des voitures autonomes : leur incapacité à gérer correctement les interactions sociales. Pour y voir plus clair, les scientifiques ont analysé 18 heures de séquences vidéo de voitures autonomes provenant de 70 vidéos YouTube différentes. Ils sont contraints de procéder de la sorte car les entreprises du secteur ne font pas preuve de transparence dans ce domaine.

Et justement, leur constat est sans appel comme l’explique Barry Brown professeur à l’université de Copenhague : « La capacité à naviguer dans la circulation repose sur bien plus que le code de la route. Les interactions sociales, y compris le langage corporel, jouent un rôle majeur lorsque nous nous signalons les uns aux autres dans la circulation. C’est là que la programmation des voitures autonomes laisse encore à désirer. »

Il ajoute : « C’est pourquoi il leur est difficile de comprendre systématiquement quand elles doivent s’arrêter et quand quelqu’un s’arrête pour elles, ce qui peut être à la fois ennuyeux et dangereux ».

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont relevé un exemple très révélateur de ces failles. Ainsi, une famille de quatre personnes se balade dans la rue et souhaite traverser la route hors du passage piéton. La voiture autonome approche et ralentit en les voyant. Les deux adultes de la famille lui font un geste de la main pour l’inciter à passer. Mais le véhicule ne comprend pas cette indication et reste figé pendant 11 secondes. Alors qu’ils se décident à traverser, les quatre piétons voient avec stupeur la voiture redémarrer…

Ce manque de compréhension des interactions sociales est aussi la source d’embouteillages et de divers problèmes à San Francisco, a relevé le professeur Brown, surtout dans les situations de brouillard où le véhicule fait preuve d’une prudence extrême.

Fort de ces constats, il estime que la compréhension des interactions sociales est un enjeu majeur pour concevoir des voitures autonomes. Les entreprises du secteur sont prévenues, même si on peut imaginer qu’elles avaient déjà en partie connaissance de ces soucis.

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