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Hélicoptère monétaire : un plan de relance stratégique qui attire la fintech

Pour envoyer de l’argent et aider les ménages américains durant la crise sanitaire, la Fintech veut offrir ses services de paiements numériques. Au point de se montrer indispensable.

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Relance economique Fintech
© Unsplash / Annie Spratt

La fintech veut taper fort. Aux États-Unis, en ces temps de crise sanitaire, plusieurs services de la nouvelle industrie financière ont contacté le gouvernement américain pour lui prêter main-forte. À partir de ce mois d’avril, une aide financière va être distribuée à des millions d’habitants à travers le pays. Mais le traitement colossal des données et les risques que certains foyers ne soient pas aidés avant plusieurs mois ont entraîné des fintech à se montrer indispensables. La période est cruciale, et pleine d’intérêt pour les services de paiement mobile.

Un plan de relance à la « monnaie hélicoptère »

En seulement deux semaines, la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus a mis au chômage plus de 10 millions d’Américains. Pour la première fois, le concept de relance économique baptisé « hélicoptère monétaire » – apparu en 1969 par une théorie de Milton Friedman – semble être la solution prise en compte par le président Donald Trump. Ce dernier a confirmé fin mars avoir l’intention d’aider les ménages et les commerces, en offrant 1.200 $ aux personnes seules, 2.400 $ aux couples mariés, et 500 $ en plus pour tout enfant à charge de moins de 17 ans.

Le plan est simple : redonner du pouvoir d’achat en ces temps de crise, pour ne pas faire couler les commerces. Un plan de relance inédit, qui contourne tous les intermédiaires des politiques monétaires et budgétaires, mais qui risque de mettre le gouvernement face à de nombreuses contraintes. Ce vendredi 3 avril, une note recueillie par l’Associated Press affirme que plus de 60 millions de chèques devraient ainsi être envoyés à partir de la mi-avril. Pourtant, des millions d’entre eux ne seraient pas arrivés à destination avant la semaine du 17 août, soit dans cinq mois. Un calendrier catastrophe, mais une opportunité pour la fintech qui veut en profiter pour proposer ses alternatives.

« Laissez la Fintech vous aider »

Au grand jamais, la fintech n’a connu une période aussi intéressante que cette crise du coronavirus. Si en Afrique la dématérialisation des paiements s’est introduite dans des plans de politiques monétaires, aux États-Unis les nouveaux services de solutions de paiement ont aussi une carte à jouer en aidant le gouvernement. « Laissez la fintech vous aider », a déclarait sur Twitter le PDG de Plaid, Zach Perret. L’homme à la tête de la startup (récemment rachetée par Visa pour 5,3 milliards de dollars), veut que le gouvernement travaille avec eux pour que ces paiements en direction des ménages puissent être dématérialisés, et donc envoyés plus rapidement.

L’idée est partagée par un nombre conséquent d’autres startups. La rapidité d’envoi est un argument de taille que la fintech veut profiter de promouvoir aujourd’hui, mais elle n’est pas le seul argument avancé. Car le gouvernement pourra très bien réaliser des transferts directs sans passer par des chèques, mais la réalité n’est pas aussi simple : plus de 14 millions d’Américains n’ont pas de compte bancaire, et plus de 28 millions devront attendre des mois leur chèque en papier car leur compte bancaire n’est pas rattaché au fisc. Une fenêtre ouverte aux différents acteurs dans les services de paiement mobile.

« Nous avons la technologie nécessaire pour transmettre de l’argent à tout le monde (y compris ceux qui n’ont pas de compte en banque). Square et beaucoup de nos compères de la fintech peuvent aider le gouvernement américain » a déclaré un certain Jack Dorsey sur Twitter. Sur le réseau social qu’il a cofondé, le PDG de la société de paiement électronique Square appelle les législateurs à travailler avec son service, qui répondra à différentes problématiques sur lesquelles le gouvernement va devoir faire face, et prendre du retard.

La solution Cash App

Dans cette affaire, les grands favoris sont PayPal et Square. Au sein de ses différents tweets la semaine dernière, Jack Dorsey a mentionné que les deux géants du paiement en ligne pourraient croiser leurs technologies afin que le gouvernement utilise leurs plateformes pour effectuer les paiements directs aux Américains. Dans un rapport de CNN Business, il est noté que les deux entreprises auraient déjà eu des discussions avec le Trésor, afin de promouvoir Cash App et Venmo, les deux plateformes développées respectivement par Square et PayPal.

« Les consommateurs qui n’ont pas de compte bancaire auprès du fisc — soit environ 28 millions d’Américains — seraient contraints de recevoir un chèque papier par la poste et devoir attendre plusieurs mois, tandis que si ces personnes ouvrent un compte Cash App, elles pourraient recevoir leur argent plus rapidement », expliquait Jason Gardner, PDG de la société émettrice de cartes de paiements Marqeta. Une aide pour les États-Unis, et surtout une opportunité pour Cash App. L’application possède 24 millions de clients américains, et a réalisé un bénéfice d’exploitation de 458 millions de dollars en 2019, en hausse de 135 %. Aider le fisc et le Trésor, ce serait mettre le doigt sur plus de 250 milliards de dollars prévus dans le plan d’aide global des États-Unis, s’élevant à 2 000 milliards de dollars. Un trésor.

1 commentaire

1 Commentaire

  1. Tof

    4 avril 2020 at 12 h 05 min

    Et d et ‘ France c’est pour quand?
    Tonton Macron va encore rater le train! Et c’est encore nous les dindons de la farce!

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