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Les voyageurs, plus surveillés que jamais à l’approche des JO 2024 ?

Alors que les Jeux olympiques se tiennent dans quelques mois à Paris, chacun fait son possible pour être prêt. Y compris la SNCF.

Dans seulement quelques mois, la Ville Lumière et ses habitants devront suivre le rythme des Jeux olympiques 2024. Cet événement de grande envergure remuera assurément la capitale, encore plus que d’habitude. Effectivement, les curieux et amateurs se donneront rendez-vous à Paris l’été prochain pour assister à cette compétition multisports mondiale.

Si Paris est déjà très prisée par les touristes en temps normal, l’organisation des Jeux olympiques dans les prochains mois devrait rameuter près de 16 millions de nouveaux visiteurs dans la capitale. Quel que soit le domaine, il va donc falloir être prêt à accueillir toutes ces personnes. L’Île-de-France prévoit ainsi de faire grimper les tickets de métro pendant cette période cruciale. Les hôtels et Airbnb font déjà exploser les prix des nuitées parisiennes. Les autorités sont sur le qui-vive pour se protéger des cyberattaques. Le Parlement, lui, a accepté le recours à la vidéosurveillance algorithmique.

Ainsi, tout est mis en place pour garantir la sécurité des Parisiens, mais aussi des touristes, à l’approche des Jeux olympiques de Paris 2024. Il y a quelques mois, les députés ont approuvé le recours à la vidéosurveillance algorithmique (VSA). À titre expérimental, peut-être, mais tout de même. L’idée est de pouvoir analyser en temps réel des images. Par conséquent, il sera possible de repérer des comportements suspects, ou encore des mouvements de foule afin de réagir le plus vite possible.

Jusqu’en mars 2025, les forces de l’ordre et certains services de sécurité peuvent utiliser ces logiciels lors des événements sportifs et culturels afin de renforcer la sécurité des personnes.

Mediapart a publié un article dans ce sens. Effectivement, la SNCF y aura recours pour mieux protéger les voyageurs qui circulent à bord de ses trains, et qui transitent aussi dans les nombreuses gares de l’Hexagone. Rappelons que chaque jour, ce sont des centaines de milliers de personnes qui montent à bord d’un train. Que cela soit pour leur plaisir personnel ou pour le travail. Au total, entre celles installées dans les multiples trains et celles qui sont présentes dans les gares du pays, la SNCF dispose de 70 000 caméras dans toute la France.

Pour assurer la sécurité de ses utilisateurs, la SNCF entend bien profiter de l’approbation du Parlement et s’appuyer sur les dispositifs de vidéosurveillance algorithmiques de plusieurs entreprises, françaises et étrangères.

Une surveillance accrue pendant les JO 2024

La loi Jeux olympiques approuve l’utilisation de logiciels de vidéosurveillance algorithmiques jusqu’en 2025. Mais la SNCF en connaît déjà quelques-uns. En effet, le groupe ferroviaire a déjà essayé certains de ces dispositifs. Comme le souligne Mediapart, la SNCF a réalisé plusieurs tests entre 2017 et 2021. Bien évidemment, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait donné son accord au préalable. Lors de ces dernières années, plusieurs expérimentations ont donc eu lieu. L’article de Mediapart cite notamment la gare du Nord à Paris, celle de Part-Dieu à Lyon ou encore la gare de Marseille-Saint-Charles.

Pour respecter la législation et ne pas violer la vie privée des utilisateurs, la SNCF comme les autres entités qui utiliseront ces logiciels ne peuvent pas s’appuyer sur des données biométriques. Par conséquent, il ne leur est pas possible d’avoir recours à la reconnaissance faciale. En revanche, l’analyse de la démarche ou encore de la tenue vestimentaire est acceptée. Cette surveillance accrue permettra de détecter les intrusions. Ou de retrouver plus facilement le propriétaire d’un bagage oublié ou abandonné dans un train ou dans une gare.

À l’approche des Jeux olympiques, le déploiement de ces logiciels sera décidé par le ministère de l’Intérieur. Quant à la CNIL, elle sera chargée de surveiller leur bonne application conformément à la réglementation.

Mais l’utilisation de ces dispositifs de vidéosurveillance algorithmiques ouvre le débat. Si une donnée permet d’identifier un individu, même s’il ne s’agit que de la démarche ou d’un vêtement, n’est-il pas question d’une donnée biométrique ? À l’heure actuelle, non. Mais des organisations comme Amnesty International s’en inquiètent et redoutent, surtout, les dérives.

L’article de Mediapart met un lumière un autre point d’ombre. Les tests réalisés par la SNCF au cours de ces dernières années n’ont pas été réellement concluants. Sur 19 tests, plus de la moitié ont obtenu un niveau de performance jugé inférieur à 50% par le groupe. Il est donc bon de préciser que ces logiciels devront être une simple béquille et non pas considérer comme infaillibles. Leur efficacité est, à l’heure actuelle, toute relative. Toujours est-il que la SNCF comme les forces de l’ordre auront toute la liberté de tester en temps réels à ces systèmes de vidéosurveillance algorithmique. Souriez, vous êtes filmés.

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