Que l’on soit à Lyon, Marseille, Paris, ou dans n’importe quelle grande ville française, les trottinettes électriques se sont incrustées dans le paysage urbain. Si certaines municipalités, comme Paris, ont tapé sur celles en libre-service en les interdisant, cela n’a absolument pas réglé le problème des trottinettes privées. Même si elles sont théoriquement soumises au Code de la route en tant qu’EDPM (Engins de Déplacement Personnel Motorisés), sur le terrain, l’anarchie règne en maître : trottinettes filant à 25 km/h (si elles ne sont pas débridées, bien sûr) sur le trottoir ou en contre sens, téléphone et écouteurs sans fil au guidon, ados à deux ou trois sur le même engin et autres Ken Block Eco+ qui se prennent pour les rois du slalom.
La démocratisation des trottinettes électriques a incité bon nombre de personnes à s’en procurer une pour en faire un usage quotidien, alors qu’elles n’ont aucune expérience ou discernement pour les conduire. De l’autre côté des Pyrénées, l’Espagne vient de décider qu’elle en avait assez de laisser l’espace public en otage d’une minorité d’usagers qui a décidé, unilatéralement, que les règles communes de la circulation ne les concernaient pas.
L’Espagne remet de l’ordre dans ses villes
Le Conseil des ministres espagnol a approuvé, mardi 23 juin, une modification du Reglamento General de Circulación (RGC), l’équivalent de notre Code de la route. Son premier objectif est de protéger les usagers vulnérables de la voie publique, une catégorie qui englobe désormais explicitement les conducteurs de véhicules de mobilité personnelle, soit les trottinettes électriques et engins assimilés (monoroues, gyropodes, hoverboards).
Les nouvelles obligations sont non négociables : la première concerne l’âge du conducteur, fixé dorénavant à 15 ans, au minimum. Le port du casque de protection devient obligatoire, ainsi que celui du gilet réfléchissant la nuit ou en situation de faible visibilité. Le non-respect de l’une ou l’autre de ces deux obligations constitue, selon le texte, une infraction grave, sanctionnée d’une amende de 200 euros.
Pour les livreurs (Glovo, Uber Eats, Just Eat) et autres professionnels circulant à bord de ces engins, ils seront aussi contraints de porter le casque, mais ils devront porter un gilet réfléchissant, quelles que soient les conditions.
Les usagers seront également obligés de garder les phares de leurs véhicules éclairés en permanence, de nuit comme de jour, comme c’est déjà le cas pour les motos.
Cette nouvelle réglementation entrera en vigueur le 1er octobre 2026, mise à part pour la règle sur l’éclairage, prévue pour octobre 2027 : un délai tout à fait adapté qui laissera tout l’été aux usagers pour s’équiper correctement. Si on peut parier que certains râleront à l’annonce de la nouvelle, la Guardia Civil sera nettement moins complaisante que la police municipale française pour ramener les plus malins à la raison.
- L’Espagne impose de nouvelles règles pour les trottinettes électriques, incluant un âge minimum de 15 ans et le port obligatoire du casque et du gilet réfléchissant.
- Les usagers devront également garder les phares allumés en permanence, avec des amendes de 200 euros pour non-respect des obligations.
- La réglementation entrera en vigueur le 1er octobre 2026, sauf pour l’éclairage, prévu pour octobre 2027.
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