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« Notre nouveau et magnifique Groenland » : Donald Trump annonce le début du forage de pétrole et de gaz sur le territoire danois

Après un accord tripartite signé avec le Danemark et le Groenland, Donald Trump se jette sur les ressources très convoitées du Groenland, qui abrite un écosystème déjà très fragile.

Comme à son habitude, Donald Trump a choisi Truth Social pour tenir des propos détonants. Dans un long message, le président américain a annoncé le lancement imminent d’une « exploration massive de pétrole, de gaz et de minerais dans notre nouveau et magnifique Groenland ! ».

Sans donner plus d’informations sur le calendrier ou de détails techniques, il assure que « des experts disent que la quantité de pétrole facilement disponible y est bien supérieure à celle de presque toutes les terres, n’importe où dans le monde ». Selon lui, la position géographique du territoire constitue un bouclier indispensable pour l’Occident. « Toute attaque future contre les États-Unis devra passer par le Groenland, où notre défense interceptera de routine les drones, missiles ou toute autre forme d’arme pas encore conçue », promet-il.

Il rappelle, en outre, que la région offre à l’armée américaine « du temps, un emplacement et une ligne de vue comme nulle part ailleurs au monde ».

Groenland
© Below the Sky / Shutterstock.com

Un accord tripartite signé en septembre

Dès son retour à la Maison-Blanche début 2025, le républicain a publiquement menacé de prendre le contrôle du territoire autonome sous souveraineté danoise, évoquant même une annexion ou un rachat forcé. Une position qui a suscité de vives indignations, aussi bien outre-Atlantique que chez les alliés européens.

Au final, les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont conclu un accord de sécurité à New York. Loin des prétentions américaines d’un « contrôle permanent », le texte réaffirme d’abord, et explicitement, la souveraineté danoise et le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais. Surtout, il autorise Washington à étendre sa base spatiale à Pituffik, et à implanter deux nouveaux sites, tout en interdisant toute installation de nations non membres de l’OTAN

Mais sur le plan énergétique, l’accord mentionne simplement une « coopération sur les minéraux » et les « partenariats commerciaux », sans jamais citer le pétrole ni le gaz.

Un territoire extrêmement convoité, mais très difficile d’accès

Pour rappel, le sous-sol du Groenland regorge de ressources stratégiques, comme d’immenses gisements de minéraux critiques et de terres rares. Les géologues estiment également que les fonds marins environnants pourraient contenir de vastes réserves d’hydrocarbures encore inexploitées.

Problème, environ 80 % du territoire groenlandais est recouvert par une calotte glaciaire de plus d’1 kilomètre d’épaisseur. Et en dehors des zones côtières, la plupart des gisements potentiels sont situés dans des régions extrêmement isolées, parfois au-delà du cercle polaire.

Une exploitation pétrolière sous des latitudes aussi extrêmes représente un risque environnemental colossal. Dans des eaux gelées à près de 0 degrés Celsius, les procédés de dégradation biologique du pétrole sont extrêmement lents : le nettoyage de bruts ou de fiouls lourds piégés sous la banquise est extrêmement difficile. Les coûts logistiques et de forage seraient donc astronomiques, de quoi même dissuader les géants du pétrole.

Un écosystème vulnérable

Les zones côtières et la mer de Baffin abritent une faune arctique hautement sensible aux perturbations industrielles et au trafic maritime : ours polaires, morses, narvals et des millions d’oiseaux marins. L’exposition au carbone noir accélèrerait également la fonte en assombrissant la surface de la neige.

D’après les données de la NASA, le Groenland perd en moyenne 270 milliards de tonnes de glace par an depuis 2002 sous l’effet du réchauffement climatique, contribuant directement à l’élévation globale du niveau des mers.

  • Donald Trump promet une exploration « massive » de pétrole et de minerais au Groenland.
  • Le traité signé en septembre avec le Danemark Danemark ne mentionne aucun projet pétrolier ou gazier.
  • L’exploitation du pétrole en Arctique reste un défi incroyablement complexe à tout point de vue.

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