La situation devient tendue chez Phia, pour sa cofondatrice Phoebe Gates, la fille de Bill Gates. Le mois dernier, Bloomberg a révélé que la startup de marketing d’affiliation en ligne Phia s’était donnée à des pratiques illégales dites de « bourrage de cookies », permettant de récupérer les commissions sur toutes les ventes en ligne effectuées par ses utilisateurs, y compris celles dont elle n’avait aucun lien. À ce moment, la grande interrogation concernait l’implication ou non de Phoebe Gates dans l’affaire, ou du moins sa connaissance du sujet.
Cette semaine, la situation a pris un nouveau tournant puisque de nouveaux éléments transmis à Bloomberg par une source interne à Phia. Des captures d’écran de messages sur Slack dévoilent que la fille du milliardaire américain, ainsi que son associée Sophia Kianni, étaient au courant de la combine depuis des mois, et avaient aussi œuvré à sa mise en place, depuis au moins décembre 2025. Des affaires d’affiliation frauduleuse de ce type existent déjà, et ont déjà mené à la prison fédérale.
La fille de Bill Gates est âgée de 23 ans, et a lancé Phia l’année dernière. Par ses capitaux levés au mois de février dernier (35 millions de dollars), l’entreprise a dépassé une valorisation de 35 millions de dollars. Lors d’une précédente interview à Fortune, la diplômée de Stanford avait déclaré que la cible principale de l’entreprise était « une jeune femme dynamique », la plus à même de commander sur internet, notamment sur des sites avec des programmes d’affiliation.
L’affiliation est un système pour les plateformes de rémunérer ceux qui l’aident à générer des ventes. Le principe est simple : pour chaque transaction, un pourcentage revient à l’affilié. Ce montant varie, et les affiliés les plus à même de toucher beaucoup d’argent sont ceux qui ramènent le plus gros volume de clients. Pour « détourner » les commissions, la méthode du « bourrage de cookies » se matérialise par insérer clandestinement un cookie de suivi d’affiliation sur l’ordinateur d’un utilisateur à son insu.
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Plus de 50 % du chiffre d’affaires de Phia
Dans le cadre de Phia, le principe même de l’entreprise est l’ajout d’une extension pour navigateur et d’une application mobile. Par ce biais, un horizon plus large de ventes en ligne revient au programme d’affiliation de Phia. Mais en l’absence de « bourrage de cookies », le chiffre d’affaires quotidien de l’entreprise serait passé de 80 000 dollars à un montant compris entre 10 000 et 28 000 dollars, rapporte Bloomberg.
Les informations confidentielles qui ont permis de mettre en lumière cette pratique proviendraient d’un data scientist. Le mois dernier, il indiquait à Bloomberg que les pratiques sournoises pour récupérer toutes les commissions des ventes en ligne représentaient plus de 51 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au mois de juin. Devant les tribunaux américains, la peine maximale encourue est de 20 ans de prison, auxquels s’ajoutent des amendes et remboursements des sommes dues, expliquait Ariel Givner, du cabinet Givner Law.
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