Renault, qui vient de signer une année 2025 plutôt satisfaisante, s’apprête à tourner une page importante de sa stratégie électrique. Selon des informations révélées par l’agence Reuters le 21 janvier, le constructeur prévoit de supprimer Ampere en tant qu’entité autonome à partir du 1er juillet prochain. Le plan a été présenté le jour même aux syndicats. Officiellement, cette réorganisation ne devrait entraîner ni licenciements ni remise en cause des contrats existants.
Concrètement, Ampere ne va pas disparaître totalement, mais cessera d’exister en tant que filiale distincte : ses activités vont être réintégrées directement dans le groupe Renault. L’idée est de simplifier l’organisation, de réduire les coûts et d’accélérer la mise en œuvre des futurs projets électriques et logiciels.
Les équipes d’ingénierie d’Ampere seront intégrées comme pôle central de recherche et de développement du groupe. Les usines concernées, notamment à Douai, Maubeuge et Ruitz dans le nord de la France, repasseront sous le contrôle direct de Renault, tout comme le site de Cléon pour les motorisations. La direction technique, elle, sera assurée par Philippe Brunet, déjà nommé en septembre dernier à la tête de l’ingénierie à la fois pour Ampere et pour Renault Group.

Une entrée en Bourse tombée à l’eau
Ampere avait pourtant été conçue comme un projet emblématique. Lancée fin 2023 par Luca de Meo, alors PDG de Renault, la filiale devait devenir le premier pure player européen dédié aux véhicules électriques et aux logiciels. L’objectif était de séparer clairement les activités thermiques et électriques, pour gagner en agilité technologique et attirer des investisseurs spécialisés.
Elle devait aussi permettre à Renault d’accélérer le développement de modèles abordables, comme la Renault 5 électrique, tout en bâtissant une plateforme logicielle maison. Dans l’esprit de Luca de Meo, la structure devait transformer Renault en « constructeur de nouvelle génération », capable de rivaliser avec les acteurs nés dans l’électrique.
Toutefois, cette ambition reposait sur une introduction en Bourse. Renault visait une valorisation d’environ 10 milliards d’euros, mais le projet a été abandonné début 2024, alors que le marché des véhicules électriques se retournait brutalement, poussant les investisseurs à se sont montrer beaucoup plus frileux sur les perspectives de croissance.
« Comme il n’y a plus d’IPO, il n’y a plus de besoin pour une entité spécifique. C’est pourquoi Renault réintègre l’ensemble afin de simplifier et d’éliminer la complexité inhérente au modèle initial », a expliqué une source proche du dossier à Reuters. Cette décision marque le deuxième revirement stratégique en moins de deux mois pour le nouveau PDG, François Provost. En décembre, Renault a déjà annoncé la fin de la plupart des activités de mobilité partagée de sa filiale Mobilize.
- Renault va mettre fin à Ampere comme entité autonome à partir du 1er juillet, en réintégrant ses activités directement dans le groupe.
- Cette décision est liée à l’abandon du projet d’introduction en Bourse, qui a privé la filiale de sa raison d’être financière.
- Ampere ne disparaît pas, mais devient un simple pôle d’ingénierie au cœur de la stratégie électrique de Renault.
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