Les propriétaires de voitures électriques vont-ils bientôt devoir payer une nouvelle taxe ? Avec la baisse progressive des recettes générées par l’essence et le diesel, la question devient de plus en plus pressante pour l’État. Taxe au kilomètre, recharge à domicile surtaxée, nouvelle vignette… plusieurs pistes sont régulièrement évoquées. Un rapport officiel de la Cour des comptes met pourtant les choses au clair.
Publié en juin 2026, le rapport « Quel avenir pour la fiscalité de l’énergie ? » du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme indépendant associé à la Cour des comptes, consacre une partie de ses travaux à l’avenir de la fiscalité automobile.
Et son constat est plutôt rassurant pour les conducteurs passés à l’électrique : “il est encore trop tôt pour taxer davantage leur utilisation” peut-on lire. La Cour des comptes estime en effet que taxer les voitures électriques serait la pire chose à faire en ce moment.
Taxer les voitures électriques serait contre-productif
Aujourd’hui, une grande partie de la fiscalité automobile repose encore sur les carburants. Or, chaque voiture électrique qui remplace un modèle thermique représente autant de litres d’essence ou de gazole qui ne seront plus taxés.
À terme, l’État devra donc trouver une solution pour compenser cette baisse des recettes. On comprend la logique. Pourtant, la CPO estime que le moment de taxer les voitures électriques est mal choisi.
Introduire trop rapidement une nouvelle fiscalité sur l’utilisation des voitures électriques risquerait de ralentir leur adoption alors que les pouvoirs publics cherchent à accélérer l’électrification du parc automobile. Le rapport écarte notamment l’idée de taxer spécifiquement l’électricité utilisée pour recharger une voiture à domicile.
Techniquement, cela imposerait par exemple l’installation d’un sous-compteur permettant de distinguer l’électricité envoyée dans la batterie de celle consommée par le reste du logement. Une solution complexe à mettre en œuvre, d’autant qu’un automobiliste peut parfaitement recharger sa voiture sur une prise classique, chez un proche ou sur son lieu de travail.
Par ailleurs, le droit européen ne permet pas actuellement d’appliquer aux particuliers une accise différente sur l’électricité en fonction de son utilisation.
Et la fameuse taxe au kilomètre ?
Plutôt que de taxer l’énergie, l’État pourrait faire payer les automobilistes en fonction du nombre de kilomètres parcourus. C’est la piste la plus sérieuse qui a refait surface pendant l’été.
L’Etat n’a pas sorti cette idée de son chapeau, d’autres pays ont déjà appliqué une telle taxe. C’est le cas de l’Islande par exemple, qui a déjà adopté une taxation kilométrique, ou encore le Royaume-Uni qui prépare son propre dispositif pour les voitures électriques à partir de 2028.
En France, le CPO ne privilégie pas cette solution. Une taxe kilométrique poserait plusieurs problèmes, notamment sur les autoroutes payantes. Faire payer à la fois le péage et une taxe calculée sur la distance parcourue pourrait nécessiter des aménagements afin d’éviter une double taxation. Le suivi des déplacements rendrait également le système beaucoup plus complexe.
Sans oublier un problème politique évident : instaurer un nouveau prélèvement sur les automobilistes pourrait être particulièrement difficile à faire accepter. D’autant plus que les automobilistes se tournant vers l’électrique paient déjà leurs véhicules plus chers tout en participant à la transition écologique. Une taxe représenterait donc une punition pour ceux s’investissant dans la transition écologique.
Une nouvelle vignette plutôt qu’une taxe au kilomètre ?
Si la fiscalité des voitures électriques doit évoluer à l’avenir, elle prendrait plutôt la forme d’ “une redevance annuelle de détention”. Plus simplement, il s’agirait de créer une vignette automobile nouvelle génération.
Son montant pourrait être calculé à partir des caractéristiques du véhicule, notamment sa masse ou son empreinte au sol. Les voitures les plus lourdes et encombrantes pourraient ainsi contribuer davantage.
Mais là encore, rien n’est décidé. Il s’agit d’une piste de réflexion pour préparer la baisse future des recettes liées aux carburants et non d’une nouvelle taxe dont l’entrée en vigueur serait déjà programmée. Quoi qu’il en soit, au regard de la fréquence des débats à ce sujet, les propriétaires de voitures électriques doivent s’attendre à voir émerger tôt ou tard une nouvelle fiscalité.
- La Cour des comptes estime qu’il est prématuré de taxer les voitures électriques, afin de ne pas freiner leur adoption.
- Elle écarte l’idée d’une taxation sur l’électricité de recharge et d’une taxe au kilomètre, jugées complexes et problématiques.
- Une vignette automobile pourrait être envisagée à l’avenir, mais aucune décision n’est encore prise.
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