Intel passe à l’offensive sur le marché des technologies de rupture. Le géant américain des semi-conducteurs vient d’officialiser un accord définitif pour mettre la main sur Classiq Technologies, une startup israélienne spécialisée dans les logiciels de calcul quantique. Si le montant officiel de cette transaction n’a pas été rendu public, des sources proches du dossier s’évaluent à environ 2,3 milliards de dollars.
Cette acquisition s’inscrit dans la feuille de route stratégique impulsée par le PDG Lip-Bu Tan. Alors que la course à l’intelligence artificielle (IA) a redistribué les cartes dans la tech, et a fait beaucoup de mal à Intel, l’entreprise entend cette fois anticiper le prochain virage technologique majeur.
Simplifier la programmation quantique
Et ce n’est pas pour rien et Classiq est prisée. Car aujourd’hui, programmer un ordinateur quantique est d’une complexité extrême. Fondée en 2020, la startup a développé une plateforme logicielle dopée à l’IA qui automatise et simplifie ce processus.
Ainsi, son outil permet de masquer la complexité du matériel pour que des développeurs classiques puissent concevoir des applications quantiques, qui ouvrent la voie à des avancées majeures dans des domaines hautement stratégiques.
Dans l’histoire de l’informatique, cette étape rappelle l’arrivée des logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO), qui ont permis la démocratisation des puces en silicium moderne. Grâce à cette approche universelle et compatible avec tous les types d’ordinateurs quantiques, Classiq a déjà séduit des géants industriels comme BMW et AT&T.

Un gros coup pour Intel
Intel dispose désormais de la brique qui lui manquait. L’entreprise investit massivement dans le matériel quantique depuis plus d’une décennie, en misant notamment sur les puces à spin qubits en silicium qu’il peut fabriquer à grande échelle dans ses usines existantes. Avec Classiq, elle devient un acteur « full-stack », selon Lip-Bu Tan, capable de fournir à la fois le matériel et la couche logicielle indispensable pour le faire fonctionner.
La firme pourra ainsi ajouter des processeurs quantiques (QPU) à son catalogue d’architectures déjà bien fourni en CPU, GPU et puces spécialisées. Elle assure, en outre, que les logiciels de Classiq resteront universels après la finalisation du rachat, qui devrait être concrétisée d’ici au premier semestre 2027. La plateforme continuera donc de supporter les équipements quantiques conçus par la concurrence afin de garantir un environnement ouvert pour les entreprises et les chercheurs.
« Ensemble, Intel et Classiq peuvent contribuer à exploiter pleinement les avantages de l’informatique quantique et à accélérer son adoption », promet Nir Minerbi, cofondateur et directeur général de Classiq.
- Intel rachète la pépite israélienne Classiq pour un montant estimé à 2,3 milliards de dollars.
- Classiq développe une plateforme logicielle dopée à l’IA qui simplifie la programmation quantique en masquant la complexité du matériel pour les développeurs.
- En combinant cette brique logicielle à ses puces matérielles, Intel devient un acteur « full-stack » du quantique.
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