Il faut remonter à 2004 pour trouver trace d’une présence officielle de Ford sur une grille de départ de Formule 1, tout juste avant que l’écurie Jaguar Racing ne soit rachetée par un certain Dietrich Mateschitz. Devenue depuis l’invincible Red Bull Racing, elle retrouve aujourd’hui son propriétaire d’origine : vingt-deux ans plus tard, la boucle est bouclée !
Pour Will Ford, arrière-arrière-petit-fils du légendaire Henry Ford et actuel patron de Ford Racing, le sentiment de revanche doit certainement être incroyable. « 22 ans, c’est trop long », a-t-il lâché lors du lancement de la saison à Détroit. « Le Blue Oval [NDLR : surnom de Ford aux USA, en référence à son logo] est de retour là où est sa place ». Un mélange entre deux savoir-faire uniques au monde qui doit permettre de créer le moteur ultime, imbattable en course, pour cette saison 2026 qui s’ouvrira au mois de mars.
Pourquoi la F1 n’a jamais été aussi américaine ?
Avec Ford, la Formule 1 n’a jamais été aussi américaine. Rachetée par le conglomérat américain Liberty Media en 2017, la société Formula One Group a organisé pas moins de trois Grand-Prix en 2025 aux États-Unis. Lors de la saison, on comptait une course à Austin au Texas, à Miami en Floride et à Las Vegas dans le Nevada. C’est simple, aucun autre pays n’a accueilli autant de GP de F1 sur une seule saison… Un important virage pour le championnat, habitué aux GP en Europe par le passé.
Côté sponsors aussi, ce sont désormais plus de 125 entreprises américaines qui investissent dans l’exposition médiatique de la F1 en 2025, contre 44 en 2017.
Ford et Red Bull : il y aura une révolution électrique sous le capot
Le projet, baptisé Red Bull Ford Powertrains, lancé en 2021, est en pleine ébullition sur le campus de Milton Keynes, le quartier général ultra-moderne de l’écurie situé au cœur de la Motorsport Valley britannique. C’est ici que les ingénieurs assemblent le nouveau moteur qui équipera, dès cette saison, les voitures de Red Bull Racing et de l’écurie sœur Racing Bulls. Les puristes seront rassurés, le moteur thermique est toujours là : c’est un bloc hybride V6 turbo de 1,6 litre couplé à un système électrique monstrueux.
Sur ces nouvelles monoplaces, le défi est colossal : conformément au nouveau règlement 2026, la partie électrique doit désormais fournir près de 50 % de la puissance totale. On parle donc d’environ 470 chevaux issus de la batterie, un terrain où l’expertise de Ford devient ici l’atout maître de Red Bull. Au total, ces véhicules flambant neufs totaliseront une cavalerie impressionnante de plus de 1 000 chevaux pour fendre l’air à plus de 350 km/h. C’est 200 chevaux de plus que les nouvelles Formule E !
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Pour Ford, c’est aussi l’occasion de tester ses nouvelles technologies et de faire de ces nouveaux moteurs un laboratoire d’expérimentation. « Les systèmes haute tension et les logiciels de gestion de batterie que nous peaufinons pour ces Formule 1 sont les véritables plans des véhicules électriques que nos clients conduiront demain », affirme Will Ford. « Nous ne sommes pas en F1 seulement pour les trophées, mais pour concevoir des Ford de série plus performantes », continue le dirigeant.
Pour exploiter le plein potentiel de ces nouvelles monoplaces, Red Bull mise une nouvelle fois sur son prodige, Max Verstappen. Le quatruple champion du monde a déjà essuyé les plâtres des premiers simulateurs pour valider le comportement de ce moteur 2.0. À ses côtés, l’écurie compte sur l’expérience et la solidité de Sergio Pérez pour former l’un des duos les plus redoutables du paddock. Les deux pilotes le savent : ils devront prouver leur supériorité au volant de ces bijoux dès le premier tour de piste du Grand Prix de Melbourne, qui se tiendra le 8 mars prochain.
Avec 176 victoires en Grand Prix dans son histoire, Ford occupe aujourd’hui la troisième place au classement historique de motoristes et compte bien remonter sur le podium, et pourquoi pas effleurer la couronne. Le réveil d’un monstre sacré de la discipline reine des sports auto, qui revient avec la dalle d’un rookie et les moyens financiers d’un empereur. Le monde entier va scruter les premiers tours de roues en Australie pour voir si le constructeur n’a pas perdu son feu sacré : top départ !
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