Après des mois, voire des années de préparation, plusieurs missions critiques arrivent enfin à leur fenêtre de tir. C’est un véritable ballet orbital qui s’apprête à débuter, marqué par une montée en puissance sans précédent des capacités de lancement et les ultimes répétitions avant le grand retour de l’être humain sur la surface lunaire.
De la Guyane à Cap Canaveral, les centres de contrôle sont en effervescence pour orchestrer des événements qui marqueront sans doute l’histoire de la conquête spatiale. Pour ne rien manquer de cette épopée, nous avons sélectionné pour vous six lancements majeurs qui surviendront en février. À noter, bien entendu, que les fenêtres de tir peuvent évoluer en raison de nombreux facteurs, dont les obstacles techniques et la météo.

2 février : Vulcan Centaur, le challenger de SpaceX passe aux choses sérieuses
Après un décollage inaugural réussi en 2024 et un second vol en demi-teinte fin 2025, avec une petite frayeur sur un booster, la fusée Vulcan Centaur de United Launch Alliance (ULA) joue gros. Ce 4e vol – le tout premier de 2026 – n’est plus un test : c’est une mission critique de sécurité nationale, baptisée USSF-87.
L’enjeu ? Prouver que Vulcan peut tenir une cadence infernale pour briser le monopole de SpaceX. Sous sa coiffe, se trouveront deux satellites espions (GSSAP 7 et 8) chargés de surveiller le trafic en orbite géostationnaire à 36 000 km d’altitude.
Mais le vrai événement est industriel. Pour la première fois, ULA utilisera un nouveau mode d’assemblage ultra-rapide (OVI) pour préparer sa fusée. Il s’agit de l’examen de passage final avant de lancer des dizaines de satellites de la constellation Amazon Leo. Si Vulcan assure, la guerre des prix et des lancements va clairement accélérer.

8 février : Artemis II, le retour de l’humanité vers la Lune après plus de 50 ans
C’est sans aucun doute l’événement le plus marquant du lot. Et pour cause. Dès le 8 février, la fusée SLS propulsera les astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen pour un voyage de dix jours vers la Lune.
Tout est quasiment prêt. Les quatre membres de l’équipage sont entrés en quarantaine, tandis que la fusée trône sur son pas de tir, la capsule Orion logée au bout de ses 98 mètres de hauteur. Il ne manque plus que la cruciale répétition générale, durant laquelle le SLS sera rempli de carburant.
Au point culminant de leur séjour, les astronautes iront à près de 400 000 kilomètres de distance de la Terre, plus loin que personne depuis le programme Apollo il y a plus de cinquante ans. Leur objectif : préparer le retour officiel de l’être humain sur la Lune, lors de la mission Artemis III, prévue en 2028.

11 février : une deuxième française dans l’espace depuis Claudie Haigneré
Il s’agira, si tout se passe comme prévu, du second vol habité en l’espace de quelques jours seulement. C’est le moment « cocorico » que toute la France spatiale attend depuis un quart de siècle. Le 15 février, la mission Crew-12 s’en ira à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX en direction de la Station spatiale internationale (ISS).
À son bord, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA), Sophie Adenot, deviendra la deuxième Française de l’Histoire à rejoindre les étoiles, marchant dans les pas de la pionnière Claudie Haigneré. Au-delà du symbole, c’est une mission marathon qui attend la colonel de l’Armée de l’Air.
Baptisée Epsilon, elle devrait durer six mois et comprendra des dizaines d’expériences scientifiques européennes, allant de la médecine de pointe à la robotique, pour préparer les futurs séjours longue durée vers la Lune.

12 février : le fleuron européen Ariane 6 sort les muscles
Après une année 2025 consacrée à stabiliser ses débuts, le nouveau lanceur européen passe à la vitesse supérieure. Le 12 février, ce n’est pas une simple Ariane 6 qui s’élancera du Centre Spatial Guyanais, mais sa version bodybuildée : l’Ariane 64. Pour ce 6e vol du programme, et le premier de 2026, la fusée va délaisser ses deux boosters habituels pour en arborer quatre, doublant ainsi sa puissance au décollage.
Il s’agira du véritable premier test de force opérationnel pour l’Europe. Culminant à 62 mètres grâce à une nouvelle coiffe longue de 20 mètres, le lanceur devra livrer une cargaison massive de 32 satellites pour la constellation Leo d’Amazon.
C’est aussi le début d’un marathon : Arianespace doit prouver qu’elle peut enchaîner les lancements lourds pour honorer son contrat géant avec Jeff Bezos. Et pour le Vieux Continent, c’est le moment de démontrer que sa souveraineté spatiale n’est plus un projet mais une réalité.

Fin février : la consécration de New Glenn
La fusée géante de Jeff Bezos, New Glenn, s’apprête à frapper un grand coup. Pour ce troisième vol (NG-3), Blue Origin va tenter de prouver qu’elle maîtrise l’art de la récupération aussi bien que SpaceX. Pour la toute première fois, le premier étage utilisé sera un vétéran, celui-là même qui a brillamment propulsé la mission martienne ESCAPADE en novembre dernier.
Objectif : passer du statut de prototype à celui de lanceur de confiance. Culminant à 98 mètres, New Glenn emportera sous son immense coiffe le satellite BlueBird Block 2 d’AST SpaceMobile.
Mais au-delà de la charge utile, tous les yeux seront rivés sur la barge de récupération Jacklyn en mer : si Blue Origin réussit à faire atterrir son booster recyclé une seconde fois, elle validera son modèle économique et deviendra officiellement le concurrent le plus sérieux à l’hégémonie de SpaceX.

Fin février/début mars : la nouvelle version du mastodonte Starship entre en scène
C’est le bouquet final, et il pourrait donner le vertige. Pour son 12e vol d’essai, le plus puissant lanceur jamais construit passe à la vitesse supérieure. SpaceX va faire décoller la V3 de son Starship, une version optimisée qui préfigure le futur Human Landing System destiné à poser les astronautes de la NASA sur la Lune.
Après une année 2025 encourageante mais marquée par des réglages complexes, Elon Musk doit transformer ce monstre de 124 mètres en un véritable transporteur spatial fiable. Sous le capot, les nouveaux moteurs Raptor promettent plus de puissance et une meilleure fiabilité, tandis que l’architecture a été revue pour faciliter la récupération par les bras géants de « Mechazilla ».
Il y a urgence : SpaceX doit valider son système de ravitaillement en orbite dès cette année pour tenir le calendrier strict imposé par la NASA dans le cadre du programme Artemis.
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