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J’ai fait Paris-Grenoble en Leapmotor B05 : pari réussi ou galère absolue avec cette chinoise pas chère ?

Leapmotor poursuit son développement en Europe avec la B05. Cette compacte à prix cassé entend semer la zizanie dans la catégorie. Tient-elle cependant la distance ? Je l’ai mise à l’épreuve sur 600 km d’autoroute entre Paris et Grenoble.

Ce trajet était-il une bonne idée ? Mon interrogation est légitime au moment de récupérer mon carrosse aux abords de Poissy. Voici la Leapmotor B05, une compacte électrique chinoise à prix cassé qui entend tailler des croupières aux références de la catégorie. L’auto abat ses arguments, comme une autonomie de 482 km, une recharge en 17 minutes, un équipement complet et un espace intérieur XXL. Direction Grenoble pour l’apprécier sur la distance.

Je suis courageux, ce jour étant synonyme de fort trafic sur l’autoroute A6. Décollons donc sans tarder de l’usine Peugeot à 13h avec 62 % de batterie. Les premiers dos d’ânes révèlent un amortissement pas trop souple et plutôt… européen. Surprenant, mais appréciable, l’auto ne se comportant pas comme une guimauve. La direction fait en revanche preuve d’un excès de légèreté qui pourrait poser problème en conduite dynamique.

Silence à bord et 218 ch : que vaut vraiment le moteur ?

Vu que ces 600 km se feront très majoritairement sur voies rapides, cela va peut-être sauver la B05. J’attaque ainsi un bout de l’A13 sectionnant la Forêt de Marly. La limitation à 110 km/h donne une première idée de l’insonorisation, globalement réussie malgré les vitres sans encadrement, ni feuilletage. Un bon départ permettant de franchir les bouchons de l’A6a au calme, même si le mode One Pedal n’a pas été retenu.

La visibilité est en revanche bonne avec peu d’angles morts permettant de détecter les motards pratiquant l’inter-file. Passé le péage de Fleury-en-Bière, je fais mon habituelle accélération en mode Sport. Les 218 ch s’expriment pleinement avec un 0 à 100 km/h donné pour 6,7 secondes. L’arrivée de puissance n’est cependant pas brutale mais plutôt progressive. Ça joue positivement sur le confort mais tempère la réactivité de l’ensemble.

Obligé de charger sur une borne pour camions, le verdict tombe

Plein sud vers l’habituelle aire de La Réserve où une station Ionity m’attend. Vu la circulation, je redoute le pire concernant les bornes, toujours trop peu nombreuses à cet endroit… Et ce qui devait arriver arriva. Il est 15h et l’aire est saturée avec toutes les bornes occupées. Je pars donc du côté poids-lourds avec une stalle de libre. Va pour la borne camion, strictement identique à celle des voitures. Si un routier venait à se brancher, je partirai illico.

Mais c’est encore extrêmement peu probable. Je connecte donc la B05 avec 23 % de batterie restante et débute la charge. Les promesses de recharge sont presque tenues, avec 152 kW affichés sur la borne pour 174 kW théoriques en courant continu DC. Un Xpeng G6, qui espérait trouver cette stalle libre, arrive derrière. Sa voiture a beau recharger bien plus vite, il devra patienter.

300 km d’autonomie sur autoroute : pari tenu mais un régulateur énervant

Je reprends la route 20 minutes plus tard, avec 67 % de charge pour atteindre Mâcon Saint-Albain. La B05 ne présente aucun planificateur d’itinéraire et se contente d’indiquer que l’autonomie est insuffisante si la destination est hors du champ d’action. Il faut donc prendre ses précautions et prédire la consommation sur autoroute. Cette dernière s’établissant à 21 kWh/100 km à 130 km/h, on bénéficie d’une autonomie réelle de 300 km batterie pleine sur autoroute.

Pas mal pour ce genre de véhicule, même si j’aurais apprécié une meilleure efficience. Ce que j’aurais aussi aimé, c’est que ce fichu régulateur de vitesse adaptatif ne freine pas aussi tôt à l’approche d’un autre véhicule. Les distances de sécurité sont respectées, mais l’allure est brisée à chaque fois qu’une voiture se rabat devant. Par ailleurs, le système de conduite semi-autonome est un peu trop crispé sur la direction.

Le piège du tout tactile : un enfer au volant ?

L’expérience de voyage n’est pas très fluide et il faut couper les aides à la conduite pour espérer avoir un peu de douceur. Hélas, ce n’est pas facile à faire via l’écran tactile, qui concentre d’ailleurs tout le reste des fonctions. Plus de boutons physiques aurait été appréciable car les menus ne sont pas arrangés très logiquement alors que les traductions demeurent encore une fois hasardeuses.

L’aire de Mâcon Saint-Albain pointe son nez. Il est 18h15 et j’arrive à trouver une dernière borne de libre avec 18 % de charge. Sauf que ce coup-ci, la recharge n’est pas glorieuse, la station étant pleine avec un débit partagé avec les autres véhicules. Résultat, je suis bloqué à 84 kW sans jamais les dépasser jusqu’au bout. La faute n’est pas à rejeter sur la voiture, mes camarades d’infortune subissant le même sort.

Adultes gâtés, bagages sacrifiés : que vaut l’habitacle de la B05 ?

L’arrêt sera donc plus long que prévu. De quoi observer l’intérieur, générique au possible avec un mobilier correctement fini recevant un écran tactile de 14,6 pouces et une instrumentation numérique de 8,8 pouces. Le volant n’est pas très beau et ses roulettes en plastique pompées ouvertement sur Tesla. La sellerie est à l’inverse confortable même si elle manque de maintien latéral. Les rangements sont nombreux.

L’habitabilité arrière est excellente et le plancher est parfaitement plat. Cela se fait par contre au détriment du coffre, qui atteint les 345 litres. Dans un gabarit de 4,43 mètres, cela déçoit. Il n’y a d’ailleurs pas d’essuie-vitre pour la lunette arrière, ce qui pénalise fortement la visibilité quand il pleut. Après avoir repris 43,5 kWh pour 12 €, je repars vers Grenoble pour une arrivée à 21h avec 32 % de batterie restante.

Moins de 28 000 € : la concurrence peut-elle trembler ?

Oui, j’aurais largement pu optimiser… Mais sans planificateur, c’était compliqué. Côté prix, ça l’est nettement moins puisque notre modèle haut de gamme Pro Max Design s’affiche à 28 400 €. C’est au bas mot 10 000 € de moins que la concurrence avec un équipement supérieur. La B05 retient le toit panoramique, les jantes de 19 pouces, la sellerie en similicuir, la caméra 360°, les sièges avant électriques et chauffants ainsi que la clé sur smartphone.

C’est très fort, d’autant plus que le prix de base est fixé à 25 400 € avec 401 km d’autonomie. Seules ses compatriotes pourraient alors l’ennuyer à ce chapitre. La MG4 Urban débute ainsi à 19 990 €, mais avec moins d’autonomie. Chez BYD, la Dolphin, aujourd’hui hors d’usage, sera bientôt remplacée. Les européennes, elles, sont nettement plus gourmandes. Bref, si vous voulez une voiture pour rouler pour pas cher, cette Leapmotor B05 est recommandable.

Leapmotor B05 (18)
© Thomas Kim pour Presse-citron

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Leapmotor B05 Pro Max Design

28 400 €
8

Verdict

8.0/10

On aime

  • Le prix compétitif
  • L’autonomie satisfaisante
  • L’insonorisation plutôt soignée
  • L’équipement riche
  • L’espace vaste à l’arrière

On aime moins

  • L’ergonomie compliquée
  • Les aides à la conduite brutales
  • Le coffre réduit
  • Le style sans personnalité