Volkswagen a de quoi rappeler Tesla en bourse, après une semaine intense pour le constructeur qui a levé le voile sur son plan stratégique de nouvelles usines de batteries. Au cours des six derniers mois, son cours a augmenté de plus de 100 %, et la société berlinoise terminait une séance mercredi en bondissant de 25 %.
Durant cette envolée, Volkswagen a retrouvé son record historique à 250 euros, avant de corriger à 220 euros. Une résistance rappelant les jours précédant l’éclatement du scandale du dieselgate, où Volkswagen atteignait le même cours, son record historique jusqu’alors. En guise de motivation pour les investisseurs, les premiers résultats d’un plan d’investissement massif dans l’électrique.

Horizon 2025
La société allemande vise à devenir le premier constructeur de voitures électriques au monde, en 2025. Lors d’un événement baptisé « Power Day », elle a levé le voile sur un nouvel investissement qui impliquera la production de six nouvelles usines de batterie, et l’indépendance de la marque vis-à-vis de partenaires comme LG et SK.
Mercredi, l’occasion fut aussi de confirmer le plan de livrer 450 000 véhicules électriques en 2021. Ensuite, pour 2025 – ou le plus tôt possible – l’objectif sera de 3 millions d’unités livrées chaque année. Volkswagen a commencé à déployer sa gamme avec l’ID3, un modèle de berline compacte qui a connu du retard pour sa commercialisation. Maintenant, le constructeur commence à déployer l’ID4, un SUV électrique.
Le déploiement des modèles est différent de celui de Tesla, qui avait opté pour une première berline de luxe en 2012. Mais le reste de la stratégie est bien identique. Devenir indépendant dans la technologie, proposer un réseau de recharge à la hauteur, faire sa place en Chine et aux États-Unis… de quoi repenser l’hypothèse selon laquelle Tesla serait en avance de plus d’une décennie sur le marché.

Volkswagen, à ses niveaux de 2015
Le constructeur automobile possède la particularité de disposer son capital par deux classes d’actions en bourse. Sous le titre VWAGY et VOW3, le constructeur trouve sa capitalisation boursière en additionnant ses actions ordinaires et ses actions de préférence.
Bien plus traité, le cours de l’action préférentielle de Volkswagen est aussi celui délaissé des actionnaires majoritaires. Il est nettement plus représentatif de la santé du constructeur, et perdait pas moins de 60 % de mars à octobre 2015 à la suite des révélations sur les moteurs diesel truqués.
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En comparant avec les niveaux de 2015, Volkswagen a définitivement réussi à gommer son scandale et retrouver sa forme d’il y a six ans. En venant de nouveau tutoyer les 250 euros, alors que le marché automobile a bien changé depuis la crise des moteurs diesel, le message véhiculé ne fait pas de doute.
Ainsi, Volkswagen a trouvé la place de première capitalisation allemande, en dépassant l’éditeur de logiciel SAP (126 milliards d’euros). Il passait de nouveau le cap des 140 milliards d’euros. Bien sûr, cela laisse une marge encore colossale entre lui et son concurrent Tesla, valorisé à plus de 625 milliards de dollars (524 milliards €).
Mais si bien que la firme d’Elon Musk serait entrée dans une hyperspéculation en 2020 (son titre corrige depuis maintenant deux mois), il en reste que Volkswagen pourrait aussi être en lice pour connaître un intérêt croissant sur les marchés. Il ne lui restera plus qu’à atteindre le million d’exemplaires électriques livrés : l’objectif auquel Tesla s’est fixé pour cette année.
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