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SpaceX : le succès de Crew Dragon n’est pas garanti, voici pourquoi

Le décollage et l’amarrage de Crew Dragon ont été un succès, mais une dernière difficulté attend encore la capsule de SpaceX.

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Crew Dragon SpaceX
Dans le centre de contrôle de la mission Crew Demo 2, au centre spatial Kennedy © NASA

Durant plus de 27 heures de live, le lancement et l’amarrage du vaisseau de SpaceX Crew Dragon ont rassemblé pas moins de 57 millions de vues sur YouTube. Il faut dire qu’en plus d’être une mission historique dans l’histoire spatiale pour les États-Unis et pour une entreprise privée de seulement deux décennies, ce décollage a une nouvelle fois fait tourner les têtes et impressionné les nombreux curieux et passionnés. Le succès fut total, avec un protocole suivi à la minute près, et un retour du booster de la fusée Falcon 9 des plus réussis.

Pourtant, la mission de Crew Dragon et des deux astronautes de la NASA n’est pas terminée. Il manque encore une dernière épreuve pour la capsule, avant que celle-ci puisse finalement être certifiée par la NASA pour pouvoir prendre la place des vaisseaux russes Soyouz, et réaliser les prochains vols de l’agence spatiale américaine. Une dernière mission, dont la date n’est pas encore connue, mais qui se présente avec le même niveau de difficulté que lors de la phase de décollage et d’amarrage.

Une dernière épreuve pour Crew Dragon

Le vol de démo de Crew Dragon ramènera les deux astronautes Doug Hurley et Bob Behnken sur la terre dans un avenir proche. Pour l’heure, ni SpaceX ni la NASA n’ont donné davantage de précision sur la date de retour. Pour le moment, il est estimé qu’il se fera dans une fourchette comprise entre un à six mois.

Au moment où Crew Dragon se désolidarisera de la Station spatiale internationale, il entrera alors dans sa phase de retour sur terre, dans laquelle les astronautes sont soumis au plus fort des secousses et de la force G. En effet, pour pouvoir sortir de son orbite, à 400 km d’altitude, le vaisseau va devoir ralentir sa vitesse de 28 000 à seulement 800 km/h (la vitesse d’un avion de ligne).

Cette phase de décélération, dans laquelle les astronautes subissent jusqu’à 4,5 G (soit 4,5 fois le poids de leur corps), n’est pas sans risque. Car si la mise en orbite possède son lot de défis, l’entrée dans l’atmosphère du vaisseau possède son lot de minutie. Pour l’expliquer simplement, le vaisseau se doit d’arriver avec la bonne vitesse en se rapprochant de l’atmosphère.

Deux scénarios-catastrophes

Deux erreurs potentiellement tragiques peuvent se présenter. Elles concernent des critères de vitesse et d’angle de pénétration dans l’atmosphère pour la capsule Crew Dragon. La première hypothèse consisterait à ce que l’entrée dans l’atmosphère soit trop verticale, ce qui peut s’avérer réel si jamais la capsule ralentie trop sa vitesse et que l’objet termine par piquer tout droit en direction de la terre. Dans ce cas, la friction avec l’atmosphère entraînerait un frottement dans l’air trop important, et le coussin thermique à l’avant de la capsule finirait par désintégrer intégralement l’appareil.

La seconde situation consisterait à ce que Crew Dragon n’ait pas assez ralenti, et que son angle d’arrivée soit – au contraire – trop grand. Dans ce cas, la capsule pourrait ricocher (ou « rebondir ») au niveau des premières couches d’air composant l’atmosphère, et finir par dévier sa trajectoire en direction de l’espace, une nouvelle fois. Dans ce cas, une question de réévaluation de la vitesse se poserait, et la capsule devrait avoir suffisamment de carburant pour pouvoir à nouveau se stabiliser et reprendre sa descente.

Retour orbite capsule

Explication des différents scénarios à risque (courbes en rouge) © European Space Agency, ESA

Cette prochaine épreuve est prise très au sérieux par SpaceX. Sa récompense à pouvoir devenir le nouveau partenaire de la NASA est passé par un long et complexe chemin face à Boeing, développant sa capsule Starliner. Pour rappel, SpaceX a débuté son projet de capsule il y a bientôt dix ans, et la date initiale d’un premier vol habité dans celle-ci était prévue pour 2016. Aujourd’hui, en 2020, la capsule a réalisé son dernier vol non habité le 19 janvier, période dans laquelle d’autres séries de tests très impressionnants ont été pratiquées.

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20 Commentaires

20 Commentaires

  1. Ioni

    3 juin 2020 at 8 h 29 min

    Space x a déjà de l’expérience en matière de rentrée atmosphérique avec les 18 mission CRS du Dragon 1 qu’ils ont effectuées sans accroc

    • Gabriel

      4 juin 2020 at 8 h 47 min

      N’importe quoi le coup de la capsule qui se désintégré. On appelle ça une rentrée balistique, ça secoue un peu plus mais c est déjà arrivé plusieurs fois sur Soyouz et personne en est mort !

  2. Dagar

    3 juin 2020 at 8 h 45 min

    Là, on presse vraiment le citron ! *Chaque* épreuve est prise très au sérieux par SpaceX et c’est normal. Il y a aussi le risque de collision de l’ISS avec un objet naturel ou pas, le risque qu’un astronaute avale un aliment de travers. Par contre ils ne risquent pas de glisser sur une peau de banane, ouf !

    • Pugnat

      3 juin 2020 at 8 h 55 min

      Je crois savoir que les astronautes n’importent pas de banane dans l’espace (c’est beaucoup trop dangereux). Ils suivent néanmoins un entrainement de très haut niveau, par exemple pour éviter de se mettre le doigt dans l’œil en se grattant le nez…

  3. Pugnant

    3 juin 2020 at 8 h 51 min

    Merci pour cet article qui montre que les astronautes ont quand même une petite chance de revenir vivants sur terre, que Dieu les protège !!!. Quelle épreuve tout de même cette force de 4,5 G à subir… Croisons les doigts pour que le retour se passe correctement.

  4. Damien

    3 juin 2020 at 9 h 29 min

    Je suis desole mais le detour du booster….vous avez vu l atterrissage ? Non car les cameras ont bizarrement cesser d émettre…et concernant les problème fe vibrations ayant des conséquences sur les transmissions, ils auraient dû prévoir des caméra externe…pas compliqué quand même. Donc non ce n etzit pas un succès a 100 pour cent. Cnmontrer cette prouesse technique aurait été un moyen de bien démontrer leur réussite.. maintenant est on sur que le booster ait vraiment atterri…bref

    • Dark

      3 juin 2020 at 10 h 03 min

      Et, évidemment, la Terre est plate…
      Allez vous renseigner, vous trouverez tout un tas de sources qui confirment qu’ils maîtrisent le retour de leur premier étage.
      Vous trouverez aussi tout un tas de sources qui justifient que la Terre est plate. À vous de vous forger une opinion 😉

    • Drakinard

      3 juin 2020 at 10 h 58 min

      il est très rare d’avoir un flux vidéo stable lors de l’arrivée d’un booster sur la barge drone OCISLY mais très souvent SpaceX fini par publier les images enregistrées et se fend même de plusieurs points de vue.
      on est bien certains que le Booster a été récupéré car la barge OCISLY est revenue à Port CANAVERAL avec le booster joliment posé (cherchez sur FB) et elle ne dispose pas de moyen de levage, donc on peut exclure un repêchage.
      un bel article à ce sujet : spaceflightinsider.com/organizations/space-exploration-technologies/deom-2s-falcon-9-booster-1058-1-arrives-in-port/
      on peut aussi exclure un faux jumeau de 1058.1 , spaceX assume toujours de perdre un booster, puisqu’à ce jour, la récupération reste un objectif complémentaire.
      les caméras externes suggèrent qu’il faudrait envoyer sur site d’autres navires, ou pourquoi pas des hélicos.. mais cela signifient de mettre en danger les équipages pour RIEN

      je croise les doigts pour un retour SAFE, mais ce n’est pas la chance qui les sauvera, juste la science.

    • Rodolphe

      3 juin 2020 at 10 h 59 min

      Ils font atterrir leur booster depuis des années, c’est pas nouveau. Ils ont plus eu d’échecs depuis longtemps, et ils y arrivent aussi sur la terre ferme que sur l’eau. Et avec la super heavy, ils font atterrir les 2 boosters quazi simultanément. Ils ont plus rien à démontrer de ce côté, c’est largement maîtrisé.

    • JulienM

      3 juin 2020 at 11 h 18 min

      C’est normal, la caméra qui est posé sur la barge est connectée à un satellite par une parabole. Mais lorsque que le premier étage de la Falcon 9 atterri, il fait vibrer la barge et le faisceau qui relie la parabole du bateau au satellite n’est plus parfaitement aligné. C’est pareil pour les parabole domestiques, si tu la déplace légèrement,tu perd le signal de ta TV. Une fois que le bateau ne bouge plus, le signal revient. C’est là la différence entre un signal directionnel (parabole) et un signal omnidirectionnel (antenne wifi ou 4g). Ta parabole vise précisément ton satellite tandis que ton mobile diffusé des ondes partout autour de toi et il finit bien par trouver une antenne. Maintenant le système wifi ou 4g ne fonctionne pas sur de grandes distances… Il ne faut pas oublier que la barge « Of Course I still love you » est située en plein milieu de l’Atlantique !

    • Alexandre

      3 juin 2020 at 12 h 32 min

      renseigne toi sur ce sujet, c’est tout a fait normale d’avoir une coupure au moment de l’atterisage

    • Alexandre

      3 juin 2020 at 12 h 36 min

      renseigne toi sur ce sujet, c’est normal d’avoir une coupure, du a l’envoi de données par laser

    • Thibault

      6 juin 2020 at 17 h 09 min

      Trop dangereux de s’approcher trop proche de la barge, en cas de déviation du premier étage, il peut tomber sur l’autre bateau. Et puis à quoi bon engager des frais supplémentaires pour satisfaire les complotistes comme vous ? Si vous voulez voir un atterrissage sur barge réussi, il suffit de regarder celui qui s’est passé quelques jours après lors de l’envoi de satellites Starlink, la liaison vidéo tient le coup et on voit très bien l’atterrissage 😉

  5. Hubert

    3 juin 2020 at 11 h 02 min

    le retour sur Terre en capsule a commencé en 1961 avec Gagarine, ce n’est donc pas nouveau. Les astronautes revenant de la Lune devait être freinés de 40’000 km/h avant le déploiement des parachutes . Les capsules Dragon sans passagers ont déjà subi cette expérience !
    Aucune capsule ne s’est écrasée entrainant la mort de ses occupants . Seule une navette s’est désintégrée en haute altitude , quelques tuiles de protection ayant été endommagées au décollage .

    • Delphine

      4 juin 2020 at 10 h 23 min

      Non deux navettes détruites : une au décollage, l’autre au retour.

  6. andre grenier

    3 juin 2020 at 14 h 58 min

    En passant la vitesse orbitale à la hauteur de la station orbitale est de 28000 km/h, 40 000 c’est pour aller sur la lune.

  7. Jerome

    3 juin 2020 at 15 h 09 min

    Ci-dessous, une vidéo de l’ESA, sous titrée FR, qui explique les tenants et aboutissants du retour de Soyouz sur terre. Perso, ce qui m’épate, c’est le fait d’arriver à concevoir des engins en maîtrisant toutes ces contraintes techniques majeures !
    https://youtu.be/-l7MM9yoxII

  8. Chaussivert

    3 juin 2020 at 20 h 05 min

    Retour dans l Atlantique pendant la periode des ouragans c est pas genial. A au fait la nasa avait été créé depuis combien de temps quand john Glenn est revenu sur terre, 4 ans seulement!

  9. Arantis

    3 juin 2020 at 21 h 37 min

    Comme certains l’on déjà dit la version habitable de la capsule est pareil que les versions de ravitaillement qui ont déjà réussi sans problème les retours donc c’est vraiment du journalisme à sensation pas très malin…..

    • Drakinard

      4 juin 2020 at 13 h 06 min

      je suis désolé de casser l’ambiance mais.. la crew dragon est très différente de la V1 de la cargo dragon.
      ne serait-ce que par son système propulsion intégré à la capsule et non plus au module de service, il y a beaucoup de petites subtilités qui peuvent rendre la manœuvre moins évidente, comme la répartition des masses, le fait qu’il faut ménager le chargement qui doit rester en vie 🙂 …
      même si le niveau journalistique de l’article n’est pas aussi pertinent qu’une revue « ciel et espace » la base n’est pas aussi mauvaise.

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