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Tesla repousse (encore) la présentation du Roadster : la supercar qui n’arrive jamais

Neuf ans qu’on l’attend le Tesla Roadster : rien qu’en 2026, nous avons eu droit à six dates de présentations différentes. Alors que l’entreprise devait présenter le véhicule dans quelques jours, elle vient de reporter l’événement à cause de… la météo.

Chez Tesla, le retard fait partie de l’identité industrielle de la marque ; un art de la procrastination poussé à son comble, que l’entreprise maîtrise mieux que la livraison de ses véhicules. Le Cybertruck (qui a finalement été un énorme fiasco) est sorti en 2023, après de longues années de gestation, soit quatre ans après sa présentation officielle. Le Semi, annoncé en 2017, a certes livré ses premiers exemplaires à PepsiCo fin 2022, mais n’est entré qu’en production de série en avril 2026, là aussi, au terme d’une mise en production complètement à la ramasse. Mais aucun de ces deux cas ne rivalise avec la saga du Tesla Roadster de seconde génération, la supercar électrique qui bat tous les records… sauf celui de la ponctualité.

Ce lundi 28 septembre, Tesla a annoncé sur X avoir pris la « décision difficile » de repousser, une énième fois, sa présentation (voir ci-dessous). Bon, il n’y a pas de quoi en faire tout un foin, puisqu’elle aura lieu le 15 octobre, au lieu du 1er. En effet, Tesla a indiqué que les conditions météorologiques prévues dans le centre du Texas, où l’événement devait se tenir en plein air, seraient trop sévères pour dévoiler son arlésienne à la face du monde.

Le Tesla Roadster : le fantôme le plus rapide du monde

La chronologie des reports du Roadster mériterait presque sa page Wikipédia à elle seule, tant ils ont été nombreux. En juillet 2020, Elon Musk évoquait une arrivée « dans les 12 à 18 mois ». En janvier 2021, la production a été décalée à 2022. En septembre 2021, à 2023. En mai 2023, à 2024. En février 2024, Musk promettait un dévoilement de la version de production avant la fin de l’année, avec des livraisons début 2025. En octobre 2024, lors de la présentation des résultats trimestriels, il concédait un nouveau retard à 2025-2026 : le plus long running gag de l’histoire du constructeur.

En novembre 2025, lors de l’assemblée des actionnaires, la production était repoussée à 2027 ou 2028, soit huit ans de retard par rapport au calendrier initial, et Musk fixait une « démo » au 1er avril 2026, précisant avec son aplomb habituel que la date du poisson d’avril lui permettrait de prétendre qu’il plaisantait, si l’événement devait encore être repoussé. Ce fut le cas : la démonstration est passée à fin avril, puis « environ un mois », puis août, puis au 1er octobre, et désormais au 15 octobre.

Si sa présentation ne pouvait se tenir qu’en extérieur, c’est parce que Tesla avait prévu de… faire décoller le véhicule du sol au centre d’essais de McGregor, près de Waco, où la FAA (Federal Aviation Administration) avait bouclé l’espace aérien dans un rayon de 2,8 km. C’est évidemment la version la plus aboutie du Roadster que souhaitait dévoiler l’entreprise, celle équipée du « package SpaceX ». Ce système, développé conjointement par les ingénieurs de Tesla et de SpaceX sous le nom de code A71, embarque une dizaine de propulseurs à gaz froid alimentés par un réservoir composite pressurisé à environ 700 bars, logé à la place des sièges arrière.

Ils expulsent de l’air comprimé par des buses capables de générer suffisamment de poussée pour soulever brièvement la voiture du sol, et la propulser de 0 à 100 km/h en 1,1 seconde. Personne ne devait se trouver à bord lors de la démonstration, l’engin n’étant pas homologué pour la route, et son prix devrait se chiffrer en centaines de milliers de dollars, voire en millions pour cette édition limitée. Comme la météo n’était pas au rendez-vous ce jour-là, Tesla a préféré repousser le spectacle de deux semaines plutôt que de risquer de faire décoller sa voiture-fusée sous un orage texan.

Pour la version homologuée, les précommandes ont été ouvertes, sur le site officiel, y compris en France. Les futurs acquéreurs devront soulager leur portefeuille d’un acompte de 4 000 euros (remboursables) versés par carte bancaire, suivis de 39 000 euros par virement dans les 10 jours. Attention, cela ne veut pas dire que vous pourrez nécessairement vous payer cette fusée pour un prix avoisinant celui d’une sage Peugeot e-408. Il s’agit uniquement du montant requis pour valider votre réservation, puisque le tarif final du Roadster annoncés en 2017 tournaient autour de 200 000 dollars (environ 172 000 euros en France), voire 215 000 euros pour la version Founders Series, limitée à 1 000 exemplaires. Il s’agit donc davantage d’un crédit à taux zéro accordé à Tesla, sans aucune garantie de voir la couleur de son volant avant 2027 ou 2028.

  • Tesla reporte encore la présentation du Roadster, initialement prévue pour le 1er octobre, à cause de la météo.
  • Le véhicule, annoncé pour 2026, a déjà connu de nombreux retards, avec des prévisions de production désormais repoussées à 2027-2028.
  • Les précommandes sont ouvertes pour un acompte, mais la livraison effective reste incertaine et l’attente pourrait durer plusieurs années.

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