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Zoom sur le boom de la réparation de smartphones

Alors que le marché des smartphones est en perte de vitesse, celui de la réparation explose. Zoom sur ce nouveau mode de consommation en plein essor.

-12%. C’est l’évolution du marché des smartphones au premier trimestre 2022 par rapport à l’année précédente. Jamais les ventes de smartphones n’ont été aussi basses depuis 2013. Alors qu’une crise touche de plein fouet l’Europe, les consommateurs ont revu leurs budgets.

Moins prompts à changer de téléphone, ils préfèrent le réparer. Pour preuve, le cycle de renouvellement est passé d’environ 2 ans il y a encore deux ou trois ans à 3 ans aujourd’hui. Que les motivations soient financières ou écologiques (ou les deux), les géants de la réparation se frottent les mains.

WeFix (racheté par Fnac-Darty en 2018) et Save (racheté par Point Service Mobile en 2020) sont les deux plus gros acteurs du marché. Le premier compte 150 boutiques en France, le second 186 points de réparation. Chaque année, ces deux géants réparent chacun de 400 000 à 500 000 smartphones en France. Et compte tenu de l’allongement du cycle de renouvellement, les prochaines années promettent une belle croissance.

Les batteries, pièces les plus réparées

Si les réparations sont en augmentation, c’est avant tout parce que les consommateurs gardent leurs produits plus longtemps. Car aujourd’hui, les téléphones sont plus solides qu’avant. « Il y a quelques années, 90% des réparations étaient des remplacements d’écrans, explique Charles Bocquillon, directeur général de Save, au Figaro. Aujourd’hui, ce n’est plus que 70%, les écrans sont plus solides et mieux protégés ».

En revanche, comme la durée de vie des produits s’allonge, les changements de batteries se multiplient. Elles « ne suivent pas » explique Charles Bocquillon. Et d’ajouter :

Les consommateurs gardent leur smartphone plus longtemps et sont de plus en plus contraints à changer de batterie pour conserver l’autonomie et les performances de leur appareil.

Symbole de ce changement de comportements, le taux de produits réparés sous garantie s’est effondré. Chez Save, il a été divisé par quatre. Et comme « les fabricants ont énormément investi pour améliorer la durabilité de leurs produits », notamment en les rendant quasiment tous étanches, les problèmes liés à la pénétration d’eau ou de poussière n’existent plus, ou presque.

Pièces détachées : le casse-tête chinois

Comme pour le reste des produits électroniques, les pièces détachées sont de plus en plus difficiles à recevoir. La situation de la Russie, principal pays extracteur de matières premières nécessaires à la fabrication des batteries, rend les choses encore plus difficiles.

Les autres composants viennent de Chine, où ils sont fabriqués. Entre la crise Covid, les usines à l’arrêt et les difficultés de transport, la réception de pièces détachées est décidément un vrai casse-tête. Cela est d’autant plus compliqué que les grands constructeurs, comme Apple, exigent l’intégration de composants certifiés par leurs soins.

Pour contourner le problème, les réparateurs se tournent alors vers le reconditionnement, quand cela est possible. Ils récupèrent donc les pièces détachées des smartphones envoyés aux reconditionneurs et qui coûtent trop cher à réparer.

Apple et Samsung rois de la réparation

Puisqu’ils sont leaders du marché des smartphones et qu’ils commercialisent aussi beaucoup de smartphones premium, Apple et Samsung font les beaux jours des réparateurs.

En effet, les consommateurs n’ont aucun intérêt à réparer un smartphone qu’ils pourraient racheter moins cher neuf. Sauf peut-être s’ils ont un engagement écologique fort, auquel cas ils possèdent probablement un Fairphone, le smartphone dit éco-responsable.

Alors que les constructeurs ont largement augmenté le prix de leurs smartphones – le budget moyen alloué à un smartphone est passé de 250 euros à 350 euros en deux ans à peine – les réparateurs s’efforcent de rendre le prix des réparations attractifs. Ainsi, plus le prix du smartphone est élevé, plus la réparation est intéressante. D’où le succès d’Apple et Samsung dans les centres de réparation. CQFD.

Le numéro 3 Xiaomi, lui, est un cas à part. D’abord parce qu’il propose de nombreux produits à prix réduits ce qui ne rend pas la réparation financièrement intéressante. C’est le concept de « smartphone jetable » : on le paie 200 euros cette année et on le change dès qu’il a un problème technique, la réparation coûtant plus cher que le renouvellement.

Autre problème : Xiaomi propose une gamme de produits très très très large. Trop large pour que les réparateurs puissent se fournir facilement en pièces détachées.

Mais tous ces soucis pourraient éventuellement se dissiper avec le temps grâce à l’autoréparation. Apple a dores et déjà annoncé un dispositif qui permettrait aux possesseurs d’iPhone de réparer eux-mêmes leur iPhone. Forcément, chez les réparateurs, on grince des dents. Mais ne serait-ce pas là la meilleure solution pour les consommateurs ?

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