Jusqu’ici, Rocket Lab était une entreprise spatiale comme une autre. Elle disposait de deux sites fixes, l’un en Nouvelle-Zélande, l’autre en Virginie, aux États-Unis. Mais avec la montée en puissance des programmes hypersoniques et des besoins de souveraineté spatiale, l’entreprise a changé de braquet.
Elle a donc créé GHOST, un complexe de lancement complet embarqué dans des conteneurs standards. Fusées Electron et HASTE, pas de tir, support au sol, systèmes de contrôle de trajectoire : tout y est. Comment ça marche ? Toute l’infrastructure de la base de lancement peut se plier et se ranger dans une conteneur. Ensuite, il suffit de débarquer le conteneur, déplier et lancer. Il suffit donc d’un accès maritime ou logistique classique.
Le premier site à bénéficier de GHOST sera le Pacific Spaceport Complex, à Kodiak, en Alaska. Deux pas de tir (Rocket Lab Launch Complex 4) y seront installés pour encaisser un rythme de lancements soutenu. Un premier vol opérationnel depuis l’Alaska est prévu en 2027, avec une mission suborbitale. Avec ces deux nouveaux pads, Rocket Lab passe donc de trois à six pas de tir répartis sur les deux hémisphères.
« Nous avons maîtrisé l’art de construire des sites de lancement. Maintenant, nous les rendons déployables dans le monde entier. » a déclaré Peter Beck, fondateur et PDG de Rocket Lab. Derrière GHOST, il y a une réponse directe à la demande de « capacité de lancement souveraine » : des pays alliés qui veulent pouvoir lancer sans dépendre d’un site étranger et des programmes de défense qui ont besoin de réactivité.
Electron, HASTE… et bientôt Neutron
Electron, une fusée orbitale de 18 mètres, a déjà 83 lancements à son actif depuis 2017. HASTE, sa version suborbitale dédiée aux essais hypersoniques, a volé neuf fois depuis 2023. Les deux partagent la même infrastructure au sol, ce qui rend GHOST particulièrement efficace : un même déploiement peut servir deux types de missions possibles.
Pendant ce temps, Rocket Lab prépare aussi Neutron, une fusée moyenne partiellement réutilisable, dont le premier étage est conçu pour revenir sur Terre et être réemployé, à la manière de Falcon 9. Le premier exemplaire devrait rejoindre le pas de tir de Wallops fin 2026, après une série de tests. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Rocket Lab.
- L’entreprise spatiale Rocket Lab lance GHOST, un port spatial portable qui voyage par simple conteneur
- Un premier site sera déployé en Alaska en 2027 pour un premier lancement suborbital.
- Ce système vise les missions de sécurité nationale, les essais hypersoniques et les besoins de pays alliés en capacité de lancement indépendante.
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