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Airbus chute en bourse après la découverte d’un défaut sur des centaines d’A321neo : une nouvelle qui arrive au pire moment pour le constructeur européen

L’entreprise a confirmé que le défaut en question ne posait aucun risque immédiat pour la sécurité des passagers, mais il ne lui facilite pas la tâche, l’avionneur étant déjà sous la pression de son calendrier de commandes.

L’A321neo (la version allongée de l’A320neo) est l’une des machines les plus abouties d’Airbus, faisant sa fierté dans le monde entier. Sur le plan des ventes, il a complètement éclipsé son grand rival de chez Boeing, le 737 MAX (notamment les versions MAX 9 et MAX 10) et, depuis sa mise en service commerciale en 2017, il est devenu son best-seller. C’est principalement lui qui remplit son carnet de commandes (5 691 exemplaires en attente de livraison, rien qu’à la fin du mois d’août) et qui tire la montée en cadence de production vers les 75 appareils par mois visés par l’avionneur en 2027.

Toute la crédibilité industrielle d’Airbus repose sur cet aéronef, qui lui a permis de prendre de vitesse son concurrent américain, Boeing, empêtré depuis une dizaine d’années dans une longue tourmente dont il semble doucement se relever. À cet égard, apprendre qu’un défaut de fabrication touche 500 A321neo, parmi lesquels la moitié est déjà en service dans ses compagnies clientes, ça fait mal, très mal même : la correction des marchés a été immédiate.

Un défaut de traitement anticorrosion sur le fuselage avant

Le problème a été identifié lors d’une opération de maintenance de routine : le revêtement anticorrosion appliqué sur les lisses (« stringers ») de la partie inférieure avant du fuselage ne répondait pas aux normes de sécurité requises, exposant le métal à une dégradation prématurée. La faute revient à un sous-traitant, dont le nom n’a pas été communiqué; chargé d’appliquer ce traitement.

Les lisses sont des pièces longitudinales qui courent de l’avant à l’arrière le long de la cellule, qui participent à sa rigidité : comme une charpente interne qui renforce la carcasse de l’avion. Leur traitement de surface, appliqué lors de la fabrication, doit répondre à des spécifications très strictes ; si la couche protectrice est insuffisante, les cycles répétés de pressurisation et l’humidité peuvent affaiblir la résistance structurelle de la cellule.

Heureusement, sur les 250 appareils déjà livrés, aucune corrosion n’a été constatée à ce stade. Airbus affirme avoir déjà mis au point une procédure de remise en conformité qui ne nécessite pas de retirer les lisses du fuselage : le traitement de surface peut être corrigé sur la structure assemblée, et après l’intervention, la protection anticorrosion retrouve son niveau nominal. Le constructeur a écarté tout risque pour la sécurité des passagers et ne prévoit aucune immobilisation de sa flotte.

Quatre mois pour boucler l’impossible

Après l’annonce, le titre a cédé d’environ 1,3 % à l’ouverture du CAC 40, ce vendredi 25 septembre, décrochant du reste de l’indice. La réaction des marchés n’est pas spécialement disproportionnée par rapport à la gravité technique du défaut, mais elle traduit sans aucun doute une inquiétude plus profonde : en moins d’un an, c’est le deuxième problème de qualité lié au fuselage de la famille des A320.

En effet, à la fin de l’année 2025, Airbus avait découvert que des panneaux de fuselage, livrés par un sous-traitant, présentaient des écarts d’épaisseur par rapport aux plans de conception : trop fins à certains endroits, ils ne garantissaient plus la résistance structurelle attendue par le cahier des charges de l’avionneur. L’affaire avait touché 628 appareils et contraint le constructeur à abaisser son objectif de livraisons de 820 à environ 790 pour l’année.

Pour autant, l’entreprise n’a pas révisé ses objectifs pour le reste de l’année 2026 : entre 850 et 890 appareils à livrer. Sauf qu’à la fin du mois d’août, le constructeur n’en avait expédié que 475 ; il ne lui reste donc que quatre mois pour sortir 400 appareils de ses usines et atteindre le bas de cette fourchette. Une cadence très soutenue, qu’il n’a jamais réussi à tenir sur un dernier quadrimestre, d’autant qu’il doit composer avec les pénuries de moteurs GTF chez Pratt & Whitney, l’un de ses deux motoristes sur la famille A320neo. Un véritable sprint industriel l’attend, et on se doute bien que l’entreprise a autre chose à faire que d’inspecter 250 cellules supplémentaires alors qu’il court déjà derrière l’horloge.

  • Airbus a découvert un défaut de fabrication sur 500 A321neo, affectant sa crédibilité et son calendrier de production.
  • Le problème, lié à un revêtement anticorrosion insuffisant, ne présente pas de risque immédiat pour la sécurité des passagers.
  • Malgré cette situation, Airbus maintient ses objectifs de livraison pour 2026, avec un défi de production urgent à relever.

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