BYD est dans le viseur américain. Le constructeur automobile chinois, qui ambitionne à devenir le premier groupe automobile mondial, est accusé d’espionnage par les États-Unis. À la suite de cette accusation, lundi 26 octobre, Washington a pris la décision d’interdire aux voitures BYD d’approcher tout site militaire américain. La mesure vise pour le moment le Japon, où la marque écoule ses exemplaires et où les États-Unis disposent d’importantes bases.
En substance, les BYD ne pourront plus entrer sur les bases américaines, même si Washington ne se repose sur aucune preuve concrète. Bardées de caméras et de LiDAR, comme de nombreuses voitures modernes, les voitures peuvent théoriquement capturer de nombreuses images permettant de cartographier des zones. La mesure touche n’importe quel individu souhaitant se rendre sur place, que ce soit les travailleurs, les taxis et les voitures de livraison.
À noter que tous les modèles proposés par BYD disposent du système de conduite semi-autonome avec les équipements nécessaires.
Les caméras présentes sur les BYD rappellent fortement Tesla, dont la Chine a aussi interdit l’approche de ses bases militaires et ses sites gouvernementaux en 2021. Les restrictions se font donc désormais dans les deux sens, et plus loin d’ailleurs, alors que la Pologne et Israël ont eux aussi déposé des restrictions pour les véhicules chinois.
Contrairement à Tesla en Chine, BYD n’est pas présent aux États-Unis. Leur rivalité n’est plus vraiment un sujet : la bataille a été remportée par BYD qui a vendu près de trois fois plus de véhicules l’année dernière (2,97 millions d’exemplaires de plus, à 4,6 millions), et qui est en train de signer une année 2026 exceptionnelle, avec 17 % de croissance sur un an. De janvier à septembre, le constructeur chinois a déjà dépassé les 3 millions de voitures vendues dans le monde.
En Europe, un nouveau site de production est envisagé en France, après la Hongrie.

La base de Kadena au Japon, sur l’île d’Okinawa
Au Japon, depuis ce lundi, la principale base concernée par les restrictions de BYD est celle de Kadena, sur l’île d’Okinawa. Située au sud du Japon, elle est l’une des plus importantes installations militaires américaines du Pacifique. Élément essentiel de la présence militaire en Asie orientale, sa place est aujourd’hui stratégique car au plus proche de Taiwan, de la Chine et de la péninsule coréenne (même si d’autres bases sont plus proches, comme Iwakuni et Sasebo).
Alors que la Chine menace encore et toujours Taiwan d’une invasion, les bases américaines au Japon seraient stratégiques sur les États-Unis s’opposaient à l’opération. Historiquement, les Américains se sont installés sur l’île d’Okinawa à la suite de l’opération Iceberg, en avril 1945. C’est à ce moment-là qu’ils s’emparent de l’aérodrome de Kadena, construit quelques mois plus tôt, en septembre 1944.
De 1945 à 1972, l’île sera d’ailleurs sous administration américaine, avant le retour de la souveraineté japonaise après la restitution américaine.
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