En 2019, la fintech a connu sa plus belle année. Dans une étude d’App Annie publiée par la société de marketing Liftoff, il a été mesuré une augmentation de 71 % des téléchargements d’applications fintech, qu’il s’agisse d’applications bancaires, de portefeuilles ou de tout autre outils et services financiers. Plus spectaculaire encore : le nombre d’accès à ces applications a enregistré un record, avec à plus de mille milliards de fois.
Il faut dire que le contexte fut très favorable, et ce partout autour du globe. La législation a bien aidé les nouvelles néo-banques à prendre pied en leur donnant l’agrément bancaire, les services intermédiaires entre les banques et le client se sont petit à petit multipliés grâce à l’émergence de l’open banking, et enfin, les technologies ont permis l’émergence des échanges de crypto-monnaies, l’envoi d’argent à l’étranger, et de nouveaux services de financement participatif.
Néanmoins, l’étude d’App Annie nous montre que cette augmentation exponentielle de l’utilisation des applications de fintech ne profite pas aux mêmes acteurs à travers le monde. Dans chacun des pays étudiés, les services préférés sont différents, et ils reflètent bien les différents rapports des pays avec l’émergence de ces nouvelles technologies financières. Les problèmes y sont divers et variés, et les applications répondant à ces besoins se sont érigées en conséquence.

En France, paiement mobile et agrégateur de compte ont le vent en poupe
Le tableau publié par App Annie et Liftoff ci-dessus montre les cinq applications ayant connu les plus importantes croissances au sein d’un pays en 2019. Si l’on commence par étudier le cas de la France, nous pouvons remarquer que les utilisateurs de smartphones Android sont de plus en plus nombreux à utiliser la plateforme de paiement mobile Google Pay, qui permet – à travers son wallet – de pouvoir enregistrer ses différentes cartes bancaires afin de pouvoir payer directement depuis notre smartphone.
Cette application est suivie par Bankin’, un agrégateur de compte bancaire né en France. Il permet de son côté d’agréger nos différents comptes bancaires sur une seule et même application, afin de pouvoir avoir un aperçu de l’état de nos comptes plus rapidement, et accéder à des outils statistiques plus approfondis pour mieux gérer notre argent. Il s’agit d’un intermédiaire entre le client et sa banque, qui est apparu depuis l’essor du paysage fintech, et qui pourrait à terme venir directement concurrencer les néo-banques.
Le reste du classement est complété par Lydia, qui rejoint donc la catégorie des paiements mobiles avec Google Pay, mais également PayPal, qui reste toujours présent et continue à plaire au sein de l’hexagone. En cinquième position, la néo-banque allemande N26 témoigne des plus d’un million de clients que la pépite a dépassé au mois d’octobre 2019.

Aux États-Unis, le paiement mobile plutôt que la néo-banque
Autre cas intéressant à étudier, celui des États-Unis. Pour rappel, 2020 signe une période décisive pour les néo-banques européennes qui s’installent depuis quelques mois sur le Nouveau Continent. Le dernier en date est Revolut, qui a indiqué son déploiement sur place à la fin du mois de mars. Le marché y est colossal, mais beaucoup moins accessible alors que les besoins sur place n’ont rien à voir avec ceux en Europe.
C’est pourquoi en 2019, la fintech aux États-Unis s’est en majorité traduite par des applications de paiement mobile. La plus populaire ? Cash App, qui a enregistré la plus forte croissance. L’application appartient à Square, une fintech appartenant à Visa et co-fondée par Jack Dorsey, le PDG de Twitter. Sa popularité rejoint celle de Zelle et Venmo (PayPal), tant ces applications permettent aujourd’hui à des millions d’Américains n’ayant pas de compte bancaire de pouvoir payer ou se faire payer de façon électronique. On en parle d’ailleurs actuellement, alors que ces fintech souhaitent aider l’administration Trump dans sa politique d’hélicoptère monétaire.
L’Angleterre, terre d’origine (et d’expansion) des néo-banques
Retour sur le sol européen et direction l’Angleterre. L’année dernière, force est de constater que le pays où l’industrie de la fintech continue à lever des millions de livres sterling profite toujours autant aux néo-banques. La plupart des bank challenger, qui concurrencent les banques en ligne et les banques traditionnelles, sont nées sur place. En 2019, c’est Monzo qui a connu la plus forte croissance parmi les applications fintech. Avec ses millions de clients, elle se trouve en quatrième position, devancée d’une place par Starking Bank, une néo-banque pour professionnel qui est devenue une vraie référence chez les TPE et PME locales.
En Asie, la Chine et le Japon aux usages différents
Terminons avec l’Asie, et en particulier la Chine et le Japon. Pour commencer, les cinq applications préférées de l’archipel nippon montrent que le paiement mobile y est devenu un standard dans les habitudes des consommateurs. Les cinq applications concernent toutes les paiements mobiles, avec en première place, PayPay, détenue en partie par SoftBank et lancée en 2018. Line Pay, qui ferme la marche, est rattachée à l’application de messagerie Line aux plus de 560 millions d’utilisateurs inscrits. Avec ses nouveaux services, notamment dans la fintech, cette application arrive aujourd’hui à générer un chiffre d’affaires 70 fois plus élevé que celui de l’américain WhatsApp.
En Chine, l’usage des applications fintech est un peu différent. L’application la plus téléchargée concerne le programme numérique de la China Individual Income Tax, qui n’est autre qu’une application pour faire ses déclarations d’impôts sur le revenu. En cinquième position, on note la présence de Xiaomi Loan App, aussi appelé « Mi Credit », qui est une plateforme de prêts numérique développée par le géant éponyme chinois de l’électronique. Grâce à cette application, la marque de smartphones pourrait devenir un acteur de taille dans l’industrie de la fintech. Depuis le début du mois de décembre 2019, Xiaomi a lancé son application sur le marché indien, destiné aux jeunes professionnels, et pré-installée sur les plus de 100 millions de smartphones que la marque a vendus sur le territoire.
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