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Volkswagen subit sa plus grosse perte en une décennie, un signal terrible pour l’automobile européenne

Le géant allemand de l’automobile traverse l’une des pires crises de son histoire. Il n’a jamais été aussi mal depuis le Dieselgate.

Volkswagen vient de publier des résultats trimestriels alarmants. Le géant allemand a enregistré une perte opérationnelle de 5,9 milliards d’euros pour le troisième trimestre, un chiffre qui plonge le groupe plus bas qu’il ne l’a été depuis la crise du Dieselgate en 2015.

Un déficit qui s’explique par environ 8 milliards d’euros de charges exceptionnelles, liées en grande partie à une dépréciation sur la participation dans Porsche et au coût de la vente de l’usine d’Osnabrück. Dans le même temps, le chiffre d’affaires trimestriel a reculé de 6,3 % pour s’établir à 75,28 milliards d’euros. Et ce n’est pas tout, les livraisons globales de véhicules ayant quant à elles chuté de 14 % sur la période.

« Les résultats sur neuf mois montrent une chose clairement : nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps et nous devons agir vite et de manière décisive », a alerté Arno Antlitz, directeur financier et opérationnel du constructeur.

Le piège de l’électrique

Si la transition vers le tout-électrique progresse en Europe, elle se traduit par un véritable paradoxe : cette montée en puissance pèse sur la rentabilité de Volkswagen à court terme. « Le succès commercial de nos véhicules électriques exerce une pression supplémentaire sur nos résultats, car nous gagnons actuellement moins avec les véhicules électriques qu’avec les véhicules thermiques », explique le dirigeant.

En parallèle, la marque subit de plein fouet l’effondrement de ses ventes en Chine, marché historique où elle perd du terrain face à une concurrence locale ultra-agressive. Les droits de douane imposés par les États-Unis pèsent, eux aussi, sur ses finances.

Volkswagen Vehicule Militaire
© ricochet64 / Shutterstock.com

Une cure d’austérité historique

La direction accélère son plan de restructuration d’urgence afin de stopper l’hémorragie. Elle vise désormais 31 milliards d’euros d’économies d’ici à 2030, en réduisant notamment son catalogue de véhicules de moitié et en simplifiant ses structures industrielles.

Un plan qui va forcément affecter les salariés : Volkswagen confirme la suppression de 100 000 emplois à l’échelle mondiale, soit environ 15 % de ses effectifs, tandis que quatre usines allemandes restent directement menacées de fermeture. Un projet qui suscite une vive opposition syndicale et fait planer le spectre de grèves d’ici le début d’année prochaine. La firme prévoit, en outre, de geler les salaires.

Ce plongeon dans le rouge agit comme un véritable signal d’alarme pour l’ensemble de l’industrie automobile européenne, qui doit faire face aux mêmes défis que le géant allemand.

  • Volkswagen enregistre une perte opérationnelle de 5,9 milliards d’euros au troisième trimestre, son pire résultat depuis la crise du Dieselgate en 2015.
  • Le groupe souffre de la chute de ses ventes en Chine, de frais douaniers américains et de marges plus faibles sur ses véhicules électriques.
  • Pour réduire ses coûts, le constructeur confirme la suppression de 100 000 emplois et la menace de fermetures d’usines en Allemagne.

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