L’Europe rêve en vert, mais Renault, malgré ses projets récents, voit rouge. À partir de 2025, les constructeurs auto devront jongler avec une nouvelle contrainte : 95 g de CO2 par kilomètre en moyenne pour leur flotte. Un chiffre qui donne des sueurs froides à Luca De Meo, le boss de Renault Group. Son message ? « On fonce droit dans le mur ». Un cri d’alarme qui fait grincer des dents à Bruxelles.
La course folle à l’électrique
Pour De Meo, l’équation est simple… et impossible. Pour atteindre cet objectif, Renault devrait vendre une voiture électrique sur quatre. Le hic ? Aujourd’hui, c’est plutôt une sur six. « Il faudrait une progression de 50 % du marché de l’électrique en un an. Du jamais vu ! », s’exclame-t-il. Même BYD, le rouleau-compresseur chinois, est loin d’atteindre ces résultats.
Parvenir à une telle croissance en seulement un an exigerait des conditions de marché exceptionnelles, comme une adoption massive par les consommateurs, des politiques incitatives très fortes, ou encore une pénurie d’offres sur d’autres types de véhicules.
Le patron de Renault ne joue pas pour autant les apprentis sorciers et rappelle que Renault n’est pas à la traîne dans la transition vers l’électrique. Il rappelle que 60 % du budget R&D (Recherche & Développement) de la marque est déjà consacré à l’électrique. Néanmoins, entre les ambitions démesurées de Bruxelles et la réalité du marché, le fossé se creuse. La faute, en partie, à ces deux années de Covid qui ont mis un coup de frein au développement de l’électrique.
L’Épée de Damoclès : l’amende
Si Renault n’atteint pas l’objectif, l’addition sera salée : 15 milliards d’euros d’amende ; ou freiner les ventes de voitures thermiques pour refaire pencher la balance dans le bon sens. De quoi faire pâlir tout le département comptabilité du groupe. C’est « autant d’investissements en moins dans le développement de ces technologies », souligne De Meo. Un comble, quand on veut inciter les constructeurs à innover.
Face à ce dilemme, le dirigeant lance un appel : « Arrêtons les règles assorties d’amendes. Nous sommes face à un mur ». Une position qui ne fait pas l’unanimité dans l’industrie. Carlos Tavares, à la tête du groupe Stellantis, rappelle que « tout le monde connaît les règles depuis longtemps. Tout le monde a eu le temps de se préparer, donc, maintenant, on fait la course. ». Une petite pique à peine dissimulée à son concurrent pour lui rappeler la réalité du marché et des réglementations actuelles.
Malgré tout, Renault garde le cap. Le projet d’une Twingo électrique à moins de 20 000 euros est maintenu. En mettant en avant son usine de reconditionnement à Flins, De Meo exprime également sa volonté de promouvoir l’économie circulaire et suggère que le leasing pourrait bientôt représenter une part majoritaire du marché. Preuve que si le chemin est difficile, la destination reste la même : un avenir plus vert pour l’automobile. Au risque pour certains constructeurs d’y laisser quelques plumes.
- Point Luca De Meo, PDG de Renault, alerte sur l’impossibilité d’atteindre les objectifs européens d’émissions de CO2 pour 2025.
- Pour respecter la norme de 95 g CO2/km, Renault devrait vendre 20-21 % de voitures électriques, contre 15 % actuellement.
- Le non-respect des objectifs pourrait entraîner une amende de 15 milliards d’euros, menaçant les investissements futurs de Renault.
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