Volvo approche de son centenaire dans un climat d’urgence absolue. Fondé en 1927 à Göteborg, le constructeur suédois vient de dévoiler une perte opérationnelle nette d’environ 330 millions d’euros, quand elle engrangeait encore un bénéfice d’environ 520 millions d’euros un an plus tôt. Dans la foulée, le cours de son action a dévissé de plus de 24 % à la Bourse de Stockholm, atteignant son plus bas niveau historique.
Face à une caisse qui se vide à vue d’œil, le manque de liquidités ayant doublé sur la période pour atteindre 800 millions d’euros, la direction a décidé des mesures choc. Volvo va ainsi supprimer 2 500 emplois supplémentaires dans le monde, dont 2 000 en Suède, soit 6 % de ses effectifs. Ils viendront s’ajouter aux 3 000 postes déjà coupés l’an dernier. Objectif : alléger les coûts de près de 450 millions d’euros d’ici à la fin 2027.
« Le troisième trimestre 2026 a été très décevant et reflète une année devenue bien plus difficile que prévu. Notre plan de redressement a donc besoin d’un renforcement décisif », constate Håkan Samuelsson, PDG par intérim. La situation de la marque suédoise illustre les immenses difficultés rencontrées par l’ensemble du secteur européen, à l’instar de Stellantis ou de Volkswagen.
Le piège chinois
Et comme ses homologues, Volvo est à la traîne en Chine, plus importants marché automobile au monde : ses revenus s’y sont effondrés de près de 50 % sur le trimestre. Car pendant des années, les constructeurs occidentaux ont conçu des voitures haut de gamme en Europe pour les expédier en Asie à prix d’or. Un modèle totalement obsolète aujourd’hui, alors que les concurrents locaux sont ultra-rapides, proposent des prix très agressifs et des technologies de pointe.
« Ces temps-là sont révolus », tranche Håkan Samuelsson. D’autant que la situation est également très délicate aux États-Unis, où Volco subit de plein fouet les droits de douane, la suppression des aides publiques à l’achat pour les véhicules électriques, ainsi qu’une réévaluation brutale à la baisse des revenus liés aux crédits carbone.

Miser sur l’Europe pour sauver les meubles
Il faut absolument redresser la barre et pour cela, la marque se rapproche encore un peu plus de son propriétaire chinois, Geely. L’idée est d’abandonner le modèle de la voiture unique pour concevoir des véhicules régionaux dotés de logiciels spécifiquement adaptés aux attentes des automobilistes chinois. D’ici la fin de la décennie, six des treize nouveaux modèles prévus seront taillés sur mesure pour ce marché.
Et en attendant, Volvo peut compter sur une petite éclaircie en Europe, où ses ventes résistent bien. Ses voitures 100 % électriques représentent 45 % de ses livraisons du trimestre : le tout nouveau SUV électrique EX60 totalise déjà plus de 50 000 commandes européennes, malgré quelques retards de production.
Mais le chantier reste gigantesque pour le futur patron, Klaus Zellmer, attendu au tournant pour succéder à Håkan Samuelsson d’ici à la fin 2027. La marque suédoise joue clairement sa survie dans une industrie automobile en pleine mutation.
- Volvo plonge dans le rouge et annonce 2 500 suppressions de postes supplémentaires.
- La chute de 50 % de ses revenus en Chine confirme les grandes difficultés des constructeurs européens dans le pays.
- Pour espérer s’en sortir, l’entreprise va s’allier étroitement avec son propriétaire Geely pour concevoir des véhicules régionaux, tout en s’appuyant sur le succès de l’électrique en Europe.
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