Jusqu’à présent le spam était une spécialité américaine. Ou chinoise. Ou, éventuellement, russe.
Dans tous les cas un truc étranger.
Et avait pour objet principal l’intention (fort louable au demeurant) de nous aider nous les hommes à optimiser notre virilité, prétendument défaillante (je rassure les lectrices, je ne suis pas concerné, non mais qu’est-ce que vous croyez).
Dans tous les cas facilement reconnaissable par une série de signes distinctifs, allant de la langue (anglais 98%, idéogrammes 1%, globish 1%, autres 0%) aux termes contenus dans le titre (viagra, erection, pills, bank, erection, drugs, pharmacy, erection) que dans le corps du mail (viagra, erection, pills, bank, erection, drugs, pharmacy, erection).
Un bon filtre anti-spam et hop en général toute cette merde ne franchissait plus les portes de nos clients mail.
C’était le bon temps.
Puis vinrent les scams ou spams africains, vous savez ceux qui émanent d’une obscure princesse ou fille de, et qui vous proposent d’être leur intermédiaire en Europe pour le transfert d’une importante somme de brouzoufs.
Pénible, mais surtout rigolo. Parfois.
Facilement identifiable et relativement facilement black-listable, aussi (sans mauvais jeu de mot).
Mais voilà que survient maintenant une nouvelle forme de spam, juste un peu plus pénible, et qui franchit encore tranquillement les anti-spams.
Enfin quand je dis nouvelle, elle n’invente rien, mais c’est plutôt son origine qui est inédite : je veux parler bien sûr du spam 100% français, émanant de boîtes ou de sites ayant pignon sur rue, et parfois même des sites très bien conçus, qui bombardent les boîtes mails de promotions adressées à qui mieux mieux à des milliers de gens qui portent tous le même nom. Un nom bizarre : undisclosed recipients.
La tendance a l’air même de s’amplifier depuis quelques semaines, voire quelques jours, puisque dans ma grande après-midi de vidage de mes boîtes mail hier j’en ai identifié une bonne dizaine sur 80 messages…
Oui, une bonne dizaine de spams de sites français, dont certains ne proposent même pas de lien de désabonnement (il ne faut jamais cliquer sur un lien de désabonnement figurant sur un spam "classique" en anglais car on sait que la ruse consiste justement à vérifier que vous existez vraiment, mais dans le cas de boîtes françaises dûment identifiées, j’ai tendance à quand même faire confiance dans ce lien et je pense que j’ai raison).
Bien sûr ce sont des sites sur lesquels je ne suis jamais allé et qui d’une façon générale sont rarement en phase avec mes centres d’intérêt (qu’est-ce que j’en ai à branler des meilleurs placements financiers ou du dernier CRM…), ce qui me fait penser que mon adresse email (celle dont je parle ici n’est affichée nulle part mais me sert pour toutes mes inscriptions en ligne) a été revendue un jour ou l’autre à des sociétés de marketing direct.
C’est pas bien.
Comme je ne suis pas méchant je ne diffuserai pas ici les coordonnées des sites concernés, mais faudrait qu’ils arrêtent un peu sinon je pourrais bien perdre mon sang-froid légendaire, me mettre en mode embruns.net et tout balancer comme ça d’un coup dans un billet pas super gentil (que je pourrais intituler Spam du jour, par exemple).
Et vous, assaillis de spams tricolores aussi, ou il n’y a que moi ?