Percer sur le marché des robotaxis est très complexe d’un point de vue technologique, mais aussi réglementaire… À tel point que beaucoup se sont brûlés les ailes malgré des débuts prometteurs, à l’instar de Cruise, Argo AI ou Motion, qui a cessé ses activités dans les taxis autonomes.
Mais d’autres entreprises spécialisées dans le secteur s’en sortent plutôt bien. Et si c’est avant tout Tesla qui vient en tête, il en existe bien d’autres, moins clinquantes mais tout aussi redoutables. Elles sont principalement basées aux États-Unis, mais surtout en Chine, et rêvent de conquérir le monde
Waymo
C’est sans aucun doute le leader américain de la filière. Waymo, entreprise sœur de Google fondée en 2009, propose des services de robotaxis dans plusieurs villes américaines, notamment à San Francisco, Phoenix, Los Angeles, Atlanta et Austin. Et elle sera bientôt disponible à Washington DC et Dallas. Une présence facilitée par son vaste partenariat avec Uber, ainsi que par la fiabilité de son système de conduite autonome.
Ainsi, ses véhicules ont déjà parcouru plus de 160 millions de kilomètres, et sont désormais autorisés à rouler sur les voies rapides. La firme prévoit désormais de se lancer en Europe, et plus particulièrement à Londres.
Zoox
Zoox, société rachetée par Amazon en 2020, n’est pas autant en avance. Mais ses progrès sont notables. Son véhicule électrique sans volant, conçu spécialement pour l’autonomie, circule en robotaxi gratuit autour du Strip de Las Vegas depuis cette année, et attend désormais le feu vert des autorités pour faire payer les trajets.
Elle étend aussi ses essais et ses déploiements limités dans d’autres grandes villes américaines ; San Francisco, Austin, Miami ou encore Los Angeles figurent sur la feuille de route. Sa flotte, encore modeste avec quelques centaines de véhicules, devrait grandement s’étoffer dans les prochaines années.
Pour soutenir cette montée en puissance, Zoox a misé sur une usine géante à Hayward, en Californie, capable de produire des milliers de robotaxis par an.

Pony.ai
Pony.ai, c’est l’un des poids lourds chinois de la conduite autonome, pays où le secteur est particulièrement développé. Et il accélère à une vitesse spectaculaire. Cotée au Nasdaq et à Hong Kong, la société propose déjà des trajets entièrement autonomes et payants, et se concentre sur de grandes métropoles comme Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen.
Mais ce n’est pas tout. Elle a également obtenu un permis d’exploitation complet à Shenzhen et s’est lancée à l’étranger dans huit pays – dont Singapour, le Qatar, le Luxembourg et la Corée du Sud – via des alliances stratégiques avec des acteurs comme Uber et Bolt.
Surtout, Pony.ai a vu ses revenus augmenter de 72 % sur un an au troisième trimestre 2025 grâce, entre autres, à la diversification de son activité. Outre les taxis autonomes, elle vend aussi sa technologie de conduite autonome.
WeRide
WeRide, autre cador chinois fondé en 2017, opère aujourd’hui dans plus de 30 villes réparties dans 11 pays, un record dans le secteur. Elle détient des autorisations de conduite autonome dans huit d’entre eux, et a vu ses revenus exploser grâce au triplement de sa flotte à Abu Dhabi, en partenariat avec Uber.
La société enchaîne les alliances stratégiques. Outre Uber, elle collabore avec Chery pour la nouvelle génération de robotaxis CER, ou encore avec Stellantis pour des navettes autonomes en Europe.
L’écosystème WeRide s’étend via sa plateforme WeRide One, qui intègre désormais les robotaxis, les robobus, la logistique et les systèmes d’aide à la conduite (ADAS). Cette expansion se traduit par des succès majeurs, comme l’obtention de la première licence de robotaxi sans conducteur en Suisse, où le lancement est prévu pour la mi-2026.
Et pour garantir son développement futur, WeRide mise sur une réduction massive des coûts grâce à son architecture HPC 3.0, qui rend sa suite autonome 50 % moins chère.

Momenta
Momenta, basée à Suzhou en Chine, se développe via des partenariats internationaux clés, notamment avec Uber à Munich dès 2026, et un déploiement de robotaxis de luxe Mercedes-Benz/Lumo à Abu Dhabi la même année.
L’entreprise, financée par des acteurs majeurs comme Mercedes-Benz et Toyota, prépare son introduction en bourse, et si ses revenus ne sont pas encore significatifs, son accélération technologique la positionne comme un futur acteur clé de la mobilité urbaine autonome en Europe et au Moyen-Orient.
Baidu
L’équivalent de Google en Chine est aussi un mastodonte de la conduite autonome. Son service de robotaxi Apollo Go est désormais dominant en Chine, exploitant la plus grande flotte entièrement sans conducteur au monde dans 15 villes. Forte de plus de 11 millions de trajets cumulés fin 2025, un record, Baidu a validé la rentabilité de son modèle grâce à son robotaxi RT6, dont le coût unitaire est inférieur à 30 000 dollars.
Baidu vise maintenant l’expansion internationale au travers d’un partenariat stratégique majeur avec Uber pour déployer des milliers de véhicules en Asie et au Moyen-Orient.

Stellantis
Ce n’est pas un nom auquel on s’attendait forcément, mais Stellantis vient d’annoncer un partenariat majeur avec Bolt, concurrent d’Uber. Objectif : introduire des robotaxis à grande échelle sur le marché européen.
Bolt, qui vise l’intégration de 100 000 véhicules autonomes d’ici à 2035, utilisera la plateforme AV-Ready de Stellantis, conçue pour l’autonomie sans conducteur de niveau 4. Cette collaboration, qui entend créer une offre spécifiquement adaptée aux spécificités européennes, verra ses essais débuter dans plusieurs pays européens dès l’année prochaine.
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